Hommage aux « sentinelles »

Le documentaire de Pierre Pézerat met en lumière le combat des victimes de l’amiante ou des pesticides pour obtenir réparation.

Dans les années 1970, le combat contre l’amiante fait ses premiers pas en France. Les consciences se réveillent petit à petit, notamment chez les ouvriers travaillant dans des usines de filature d’amiante. Les images d’archives d’Amisol, à Clermont-Ferrand, font froid dans le dos : les salariés passent leurs journées sur des machines et dans des allées recouvertes d’un épais manteau blanc, la poussière d’amiante. Idem dans l’usine d’Eternit à Terssac, dans le Tarn. Le film de Pierre Pézerat, Les Sentinelles, raconte la lutte pour faire interdire cette fibre que l’on vantait comme miraculeuse, mais dont les dangers pour la santé, connus depuis la fin du XIXe siècle, étaient gardés secrets par les industriels. C’est également l’histoire de la rencontre entre le monde ouvrier et le monde scientifique, en la personne d’Henri Pézerat, père du réalisateur. Le toxicologue a été l’une des premières sentinelles sur le sujet, d’abord depuis son bureau, sur le campus de Jussieu, puis dans les usines. Lanceur d’alerte, il a par la suite fait le lien entre la dangerosité de l’amiante et celle des pesticides, notamment à travers l’histoire de Paul François, agriculteur en Charente, intoxiqué au Lasso, un désherbant de Monsanto. Henri Pézerat a toujours incité les victimes à se constituer en associations pour demander des comptes aux industriels qui les ont empoisonnés.

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