L’Unef lance une mobilisation contre la sélection

L’organisation étudiante tente d’organiser un mouvement dans les universités contre le « plan Étudiants » du gouvernement.

Vincent Richard  • 7 novembre 2017
Partager :
L’Unef lance une mobilisation contre la sélection
© photo : Estelle Ruiz / Citizenside

L’Unef, deuxième syndicat étudiant, a lancé hier une campagne de mobilisation contre la sélection à l’université. En cause, le « plan Étudiants » annoncé le 30 octobre par le Premier Ministre Édouard Philippe, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, et le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. Selon l’organisation étudiante, les « attendus » qui seront mis en place pour accéder à certaines filières visent _« à revenir sur le libre accès à l’université », car « faute de place, les universités pourront refuser les étudiant∙e∙s ». Conséquence : pour Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef, dans une tribune{: target= »blank » style= »background-color: rgb(255, 255, 255); » } publiée dimanche, avec cette réforme, _« le gouvernement choisit cyniquement de tourner le dos à la démocratisation des études supérieures ».

À lire aussi >> Universités : « entrée libre sous conditions »

L’Unef avait déjà lancé un site dédié et une pétition en ligne à la fin du mois d’octobre. La mobilisation gagne maintenant les campus avec des distributions de tracts ce matin, par exemple à Lille :

L’organisation étudiante appelle à « se mobiliser massivement contre la réforme du premier cycle à l’université en manifestant le 16 novembre prochain », c’est-à-dire à se joindre à la journée d’action intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU (dont l’axe principal est la lutte contre la réforme du Code du travail). Elle appelle aussi à « se réunir afin de mettre en place des actions militantes et des rassemblements pour organiser la mobilisation sur les universités contre une réforme qui remet en cause notre droit à l’avenir ». En clair : à organiser des assemblées générales pour tenter de lancer un mouvement spécifique.

Les universités se sont peu mobilisées dans le cadre du mouvement interprofessionnel contre les ordonnances. Cette réforme ciblée sur la jeunesse sera-t-elle suffisante pour motiver les étudiants à descendre dans la rue ? La réponse est d’autant plus incertaine qu’il n’est pas sûr que l’Unef, qui a perdu sa place de première organisation étudiante l’année dernière au profit de la très réformiste Fage, ait encore les forces vives nécessaires pour impulser un mouvement d’ampleur.

À lire aussi >> Université : orienter ou sélectionner ?

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Akim Omiri : « Nos vies valent plus que quelques vitrines cassées »
Démocratie • 5 novembre 2026

Akim Omiri : « Nos vies valent plus que quelques vitrines cassées »

Intellectuel·les, artistes, membres de la société civile… Ils et elles analysent la crise autoritaire que nous vivons aujourd’hui. Et remontent le fil de ses origines, décodent ses manifestations, expriment leurs inquiétudes profondes mais aussi leurs espoirs, et proposent des voies de résistance. (2/15)
« Les manifestants ne sont pas des ennemis » : des membres des forces de l’ordre contestent la stratégie répressive
Maintien de l'ordre • 5 novembre 2026

« Les manifestants ne sont pas des ennemis » : des membres des forces de l’ordre contestent la stratégie répressive

Après les manifestations des 17 et 24 octobre, quatre policiers et gendarmes interrogent l’évolution d’un maintien de l’ordre devenu toujours plus offensif. Manque d’effectifs, formation, usage des grenades et décisions politiques : leurs critiques visent aussi bien les pratiques de terrain que les choix de leur hiérarchie.
Par Maxime Sirvins
Un 5 novembre de grève et de manifestations
Mobilisation • 5 novembre 2026

Un 5 novembre de grève et de manifestations

Politis a couvert cette nouvelle journée de manifestations dans tout le pays, avec un appel à la grève générale de l’intersyndicale. Nos journalistes ont suivi les événements notamment dans la région de Grenoble (Voiron), au Mans dans la Sarthe, et à Paris pour faire remonter les images et revendications des cortèges et des grèves.
Par Politis
« Le gouvernement s’autorise de plus en plus à freiner toutes possibilités d’expression démocratique »
Entretien • 5 novembre 2026 abonné·es

« Le gouvernement s’autorise de plus en plus à freiner toutes possibilités d’expression démocratique »

Ce 5 novembre, une journée de grève et de manifestations suivie par les salarié·es du public comme du privé, la coordination des gilets jaunes, les mouvements lycéens et étudiants, est attendue partout en France. Une convergence des colères que Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, appelle à exprimer durablement dans la rue.
Par Céline Martelet