Les big bands ont le blues
En jazz, les orchestres de grande taille survivent dans un contexte économique particulièrement fragile. Pourtant, l’offre est florissante.

Le 12 décembre, au Pôle musiques actuelles et création du conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Paris, se tenait la présentation publique des résultats d’une étude réalisée par la fédération Grands Formats. Cette enquête, la deuxième du genre, est un outil majeur pour comprendre comment vivent les grands orchestres de jazz.
Grands orchestres ou big bands ? La nuance existe. Le big band emploie traditionnellement trois sections instrumentales (anches, trombones et trompettes) et un trio ou quatuor rythmique, pour un effectif de 16 à 19 instrumentistes. L’expression « grand orchestre », qui ne répond pas à une définition aussi rigoureuse, permet d’englober le big band et d’autres formations « élargies » par rapport aux petits ensembles et autres combos [1].
C’est de ce vaste ensemble en expansion que la fédération Grands Formats se préoccupe depuis 2003. Il y aurait entre 70 et 80 grands orchestres de jazz professionnels en France. Grands Formats en fédère 54. Soit une large proportion des presque 3 000 musiciens de jazz que le Centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles (Irma) recense [^2].
Incontestablement, la grande formation attire, notamment les plus jeunes. « Humainement et artistiquement, cela permet des expériences beaucoup plus riches qu’en trio », explique Pierre Baldy-Moulinier, cofondateur du Big Band de l’œuf (2003). « Tous les jours, nous découvrons l’existence de nouveaux
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