« En Iran, le pouvoir n’est pas menacé »
Faute de relais, la colère de la rue sera maîtrisée par le régime, estime l’ancien diplomate François Nicoullaud.
dans l’hebdo N° 1485 Acheter ce numéro

En Iran, les émeutes qui ont enflammé plusieurs localités de province en ce début d’année n’ont guère de rapport avec les troubles des grandes villes qui ont conduit à la défaite politique des conservateurs après 2009. Peu organisés, les manifestants de 2018, ne disposent pas de relais politiques.
Qu’est-ce qui motive ces émeutes ?
François Nicoullaud : Deux mots pour qualifier l’état d’esprit des manifestants : souffrance et désespérance. Ils n’ont plus aucune perspective économique face au chômage et à la hausse des prix, et pas plus d’espoir de changement politique. Ils éprouvent un sentiment de blocage et de frustration.
Pourtant, avec la levée d’une grande partie des sanctions à la suite de l’accord sur le nucléaire, le pays n’a-t-il pas retrouvé une certaine aisance économique ?
Le pouvoir iranien se rêvait en « Chine du Moyen-Orient » : la prospérité économique dans un régime autoritaire. Mais le pays en est très loin ! Une première raison tient à l’attitude des États-Unis, ex-premier
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