L’indépendance comme exigence
Paul Otchakovsky-Laurens, mort à 73 ans le 2 janvier, a façonné une maison d’édition respectée, rigoureuse et foisonnante.

Symboliquement, il occupait le devant de la scène de l’édition artisanale et exigeante, celle qui se fait à l’écoute d’une voix intérieure et subjective que soulève, ou pas, le texte d’un manuscrit. À cette place éminente et nécessaire, tant les vents mauvais de la finance et de l’uniformisation soufflent sur la littérature, Paul Otchakovsky-Laurens avait succédé à Jérôme Lindon, disparu il y a plus de quinze ans. Un accident de voiture l’en a brutalement arraché, le 2 janvier. Paul Otchakovsky-Laurens, aux allures d’éternel jeune homme, avait 73 ans et encore bien des livres à publier, des découvertes à partager.
Il n’est pas exagéré de dire qu’il laisse un grand vide, dont la vive émotion qui
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