Tensions en chaîne en prison

Un mouvement syndical qui se durcit depuis deux semaines fait suite aux agressions récentes dont ont été victimes des gardiens.

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Les surveillants des 188 établissements pénitentiaires français étaient appelés « au blocage total » des prisons ce lundi 22 janvier. Ce mouvement syndical, qui se durcit depuis deux semaines, fait suite aux agressions récentes dont ont été victimes les gardiens, jugeant leur métier « dangereux », trop peu considéré et mal rémunéré. Un mouvement initié après qu’un détenu jihadiste a agressé trois gardiens à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Depuis, plusieurs violences ont été recensées dans divers établissements. Des agressions qui ne sont pas seulement commises par des détenus jihadistes, mais aussi par des détenus de droit commun, comme à la prison de Longuenesse, de Fleury-Mérogis, de Borgo et de Châteauroux.

Réclamant davantage de sécurité (du matériel de défense et de protection, entre autres), plus de reconnaissance de la part de leur hiérarchie et à l’endroit de leur « mission de service public », demandant une revalorisation indemnitaire et regrettant l’insuffisance de créations de poste, les surveillants ont refusé le projet d’accord du ministère de la Justice de Nicole Belloubet. Un projet qui prévoit la création de 1 100 postes supplémentaires sur quatre ans, dont une centaine pour 2018, et l’instauration d’un régime particulier de détention pour les « détenus terroristes et radicalisés ». Des propositions jugées en deçà des attentes, selon le syndicat Ufap-Unsa (majoritaire) et la CGT-Pénitentiaire, qui espèrent 2 500 postes. Si des négociations sont en cours, au-delà du thème de la sécurité face à la radicalisation – à l’origine du conflit –, ce sont bien les conditions d’incarcération qui sont pointées. Dans un contexte de surpopulation carcérale (69 714 détenus pour 59 165 places, en décembre dernier, et une densité carcérale de 142 % pour les maisons d’arrêt), avec des établissements vétustes et insalubres, les conditions de détention participent elles-mêmes de la sécurité des gardiens.


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