De la dynamite sur le rail

Le rapport remis par Jean-Cyril Spinetta sur la SNCF est explosif.

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C’est désormais un procédé classique en Macronie : annoncer des mesures chocs avant le début des concertations pour noyer le débat et placer les syndicats en position défensive. Dans le rôle du dynamiteur sur le dossier ferroviaire, Jean-Cyril Spinetta, l’ancien patron d’Air France-KLM – ça ne s’invente pas –, a eu la main particulièrement lourde. Outre la fin progressive du statut de cheminot, la suppression de 5 000 postes et de 9 000 km de lignes régionales « non rentables », il requiert un changement de statut de SNCF Réseau, la branche en charge de l’entretien des lignes. Une transformation en « société nationale à capitaux publics » pensée pour contraindre cette branche cruciale pour la sécurité à basculer vers la rentabilité. Et ce alors que l’énorme passif dont elle a hérité est avant tout le résultat de décennies de sous-investissement de l’État. Les syndicats craignent surtout que ce changement de statut constitue une première étape vers la privatisation. Alors même qu’en Grande-Bretagne le fiasco de la privatisation a conduit à une renationalisation de l’entretien du réseau en 2014.

Le rapport préconise enfin une hausse du prix des billets aux heures de pointe et des tarifs des « Ouigo », les TGV à bas coût, et demande un « toilettage » des tarifs sociaux (handicapés, familles nombreuses, etc.).

Ces propositions donneront le la des négociations avec les syndicats en préparation d’une loi accompagnant l’ouverture à la concurrence, voulue par Bruxelles à l’horizon 2020, pour les grandes lignes et, en 2023, pour les TER. Le calendrier de la réforme doit être dévoilé lundi 26 février. En attendant, l’Élysée gratifie les syndicats du qualificatif de « corps intermédiaire conservateur et bloquant » (JDD, 18 février). La CGT appelle d'ores et déjà à une journée de mobilisation le 22 mars, sans attendre un probable mot d’ordre unitaire.


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