Bernadette Groison : « L’idée de service public est remise en cause »

Les quatre chantiers ouverts par le gouvernement dans la fonction publique vont profondément transformer notre modèle social, alerte Bernadette Groison.

Michel Soudais  • 21 mars 2018 abonné·es
Bernadette Groison : « L’idée de service public est remise en cause »
© DAMIEN MEYER / AFP

Sept des neuf fédérations syndicales de la fonction publique appellent à la grève le 22 mars. Au moment où Bernadette Groison nous reçoit au siège de la FSU, en banlieue, à l’est de Paris, pour évoquer les raisons de cette journée d’action, les retraités manifestent dans tout le pays.

Que répondez-vous à Christophe Castaner, qui explique aux retraités qu’ils doivent être solidaires des salariés pour que ceux-ci aient plus de pouvoir d’achat ?

Bernadette Groison : C’est une duperie. L’objectif affiché du gouvernement est de signifier que les retraités doivent faire un effort de solidarité avec les plus jeunes et les salariés ; or, si l’on prend le cas de la fonction publique, les plus de cinq millions de fonctionnaires, qui représentent 20 % de l’emploi salarié, perdent de l’argent depuis le 1er janvier. Après le gel du point, le report des mesures inscrites dans le protocole Parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR) et le rétablissement de la journée de carence en cas d’arrêt maladie, l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG n’a pas augmenté leur pouvoir d’achat. Entre retraités et salariés, on se redistribue les richesses depuis des décennies, mais c’est toujours les mêmes qui font des efforts en l’absence de réforme fiscale et d’un vrai plan de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.

Exclure les agents de la fonction publique d’une augmentation du pouvoir d’achat promise aux salariés, n’est-ce pas une manière de dire qu’ils ne seraient pas des travailleurs

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