L’héroïne, un mal social et sécuritaire

Trois sociologues étudient pour la première fois cette « catastrophe invisible » qui, en France, frappa durement les quartiers populaires.

Les cinéphiles se souviennent du film états-unien French Connection (1971), de William Friedkin, qui commence à Marseille, avec l’assassinat d’un policier français. Le film traite du fameux trafic d’héroïne entre le sud de la France et New York, la mafia marseillaise abreuvant de « came » en provenance de Turquie et d’Extrême-Orient tous les États-Unis, après l’avoir raffinée dans des laboratoires clandestins de la Côte d’Azur. Une scène montre un chimiste new-yorkais, un brin hippie, testant le produit, arrivé par cargo dans une voiture immatriculée dans les Bouches-du-Rhône, devant les deux acheteurs de la mafia italo-américaine. Le chimiste est catégorique : « Pure à 89 %. La meilleure dope que je n’ai jamais vue ! Vous aurez de quoi vendre pendant deux ans et cela vous rapportera au moins 32 millions de dollars. »

Bien connue aujourd’hui, la fameuse « french connection » va opérer de la fin des années 1950 jusqu’au début des années 1970, quand elle finit par être démantelée par les polices des deux côtés de l’Atlantique – avant que d’autres prennent le relais. C’est en quelque sorte le début de cette « histoire sociale de l’héroïne » en France, contée dans ce gros volume très complet, jusqu’à la diffusion massive de cette drogue dans les marges et les quartiers populaires.

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