Olivier Besancenot : « Cet appel à l’unité, c’est le service minimum »

Pour Olivier Besancenot, la mobilisation du 22 mars peut être un point d’appui pour ouvrir un large front politique face aux attaques libérales d’Emmanuel Macron.

Pauline Graulle  et  Pouria Amirshahi  • 21 mars 2018 abonné·es
Olivier Besancenot : « Cet appel à l’unité, c’est le service minimum »
© Philip Conrad/AFP

Son passage à « On n’est pas couché », le 3 mars, où il expliquait qu’« on est tous le cheminot de quelqu’un », est devenu viral sur les réseaux sociaux. La semaine dernière, c’est lui qui était choisi par France 2 pour faire face au ministre Gérald Darmanin. Olivier Besancenot revient en force dans l’espace médiatique et politique. Défenseur de l’unité politique et syndicale pour défendre les cheminots et les services publics le 22 mars, le leader du NPA, postier (au guichet) à Paris, est devenu l’incarnation d’une gauche qui veut se retrouver, ensemble, à battre le pavé.

Pourquoi est-il, selon vous, important de se mobiliser ce 22 mars ?

Olivier Besancenot : Cette date doit constituer un sursaut social et politique par rapport à la politique du gouvernement Macron, mais aussi à celles qui se sont succédé ces dernières années. Les politiques d’ouverture à la concurrence, de libéralisation, de privatisation ont créé une saturation dont on n’a pas encore pris la mesure, faute de mobilisation réussie. Or aujourd’hui, il y a une sorte de convergence qui se dessine. Ceux qui travaillent dans les hôpitaux, à la SCNF, à La Poste, à l’inspection du travail, aux finances publiques, à l’Éducation nationale, à l’Université se convainquent de plus en plus qu’il faut désormais se défendre ensemble.

Contre quoi ?

D’abord contre les conditions de travail devenues insupportables dans les services publics : le blocage des salaires d’un côté, mais aussi les suppressions d’emplois qui entrainent une surcharge de travail pour ceux qui restent. Mais, au-delà de ces questions matérielles, quelque chose de plus fort encore soude notre colère, c’est de voir notre éthique professionnelle bafouée et dénigrée. On nous prive des moyens de mener à bien un métier auquel on croit.

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Économie Société
Temps de lecture : 9 minutes

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