Bouteilles et contenants : l’Allemagne étend la consigne obligatoire

Une nouvelle loi rend obligatoire outre-Rhin la consigne des récipients à usage unique, comme les briques en carton.

Claude-Marie Vadrot  • 30 avril 2018
Partager :
Bouteilles et contenants : l’Allemagne étend la consigne obligatoire
© photo : PATRICK SEEGER / DPA

Cela fait des lustres que l’Allemagne s’efforce de ne plus gaspiller le verre des bouteilles. Ce système progresse, puisque tous les contenants réutilisables sont désormais consignés, y compris ceux en plastique. Entre 8 et 15 centimes, selon la contenance et le format.

Cette législation déjà ancienne, et progressivement étendue et améliorée, énerve beaucoup les grands circuits de distribution comme Lidl. Ils multiplient les procès et les recours devant les tribunaux, mais ils les perdent régulièrement. Cela les contraint à multiplier les installations et à entretenir dans leurs grandes surfaces des appareils automatiques dans lesquels les clients glissent leurs bouteilles et reçoivent en retour le montant de la consigne, soit en argent, soit en bons d’achat. À charge ensuite aux grandes surfaces, de rendre les bouteilles aux fabricants ou bien, dans certains cas, d’assurer leur recyclage.

Cette habitude est très écologique, puisqu’une bouteille peut être, en moyenne, utilisée une cinquantaine de fois. Pour la bière, le taux de réutilisation est actuellement proche de 90 %.

Résistance des grandes surfaces

L’économie de matière première (et d’énergie) est considérable, ce qui explique que les fabricants de ces bouteilles en verre aient longuement fait opposition à l’extension de ce principe. Ils ont renouvelé leur volonté d’éviter les prescriptions de la loi en réduisant la proportion de liquides vendus en bouteille de verre pour les remplacer par des canettes en aluminium. Celles-ci, abandonnées dans la nature et les décharges, sont pourtant encore plus polluantes. Autres tentatives de contournement de la loi : multiplier les usages du plastique ou mettre sur le marché des contenants à usage unique. Cela a contraint le législateur, sous la pression des consommateurs, à étendre les obligations légales, qui concernent aussi les boîtes en aluminium.

La nouvelle loi entrera en vigueur dans toute l’Allemagne le 1er janvier 2019. Elle a deux objets : d’abord atteindre rapidement un taux de 70 % de récipients recyclables ; ensuite contraindre les grandes surfaces à consigner (25 centimes) tous les contenants à usage unique, notamment les briques de lait ou de jus de fruits, qui seront également reconnus par les scanners des machines automatiques. Les distributeurs devront organiser leur recyclage avec les fabricants.

Comme tous les Allemands ne sont pas écolos – le laisser-aller des déchets existe aussi dans ce pays –, les associations caritatives se réjouissent elles aussi du durcissement de la législation. D’abord parce les SDF organisent chaque jour des tournées de ramassage qui améliorent leur quotidien en débarquant avec leurs chariots de bouteilles et de canettes, dans les grandes surfaces ; et ensuite parce que la loi autorise ceux qui reçoivent les bons de déconsignation à les donner à des associations.

Écologie
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles
Reportage 30 avril 2026 abonné·es

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles

Pour déployer sa nouvelle ligne, SNCF Réseau doit acquérir du terrain au titre de la compensation écologique. En pleine crise du secteur, de nombreux viticulteurs sont tentés de vendre, car les prix proposés sont élevés. Au point d’écarter certains agriculteurs désireux de créer une activité.
Par Romane Gentil
La paysannerie mondiale résiste encore
Reportage 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas