Festival imageSingulières, à Sète : Combat singulier

Du 8 au 27 mai, à Sète, « imageSingulières » tient sa 10e édition. Son cofondateur Gilles Favier témoigne de son engagement pour la photo documentaire et de la lutte pour la survie de ce festival.

Marion Dumand  • 3 mai 2018 abonné·es
Festival imageSingulières, à Sète : Combat singulier
© photo : Stéphane Couturier

Depuis 2009, imageSingulières a fait le choix éponyme : un regard toujours décalé et des travaux au long cours parsemés dans la ville de Sète. Une centaine de bénévoles, trois salariés à l’année et quelques intervenants se démènent pour maintenir gratuit ce festival de l’image documentaire, sans rogner sur la qualité, tout en suivant les métamorphoses sétoises. Longtemps ville rouge et populaire, Sète s’embourgeoise. Les chais abandonnés se font Conservatoire de musique à rayonnement intercommunal, le collège désaffecté devient école privée catholique. Et l’association CéTàVOIR, qui porte « imageSingulières » et la Maison de l’image documentaire (MID), a trouvé de nouveaux lieux d’accueil.

ImageSingulières, c’est un peu le meilleur de Sète : une volonté farouche de ne pas œuvrer pour l’élite, d’être à la marge généreuse. Un mélange des genres et l’assurance de s’y retrouver. Femmes yakuza, Mai 68, errance italiennne, ambrotypes (1) chiliens, Sète architecturale… Rencontres, projections et pas moins de seize expositions feront parcourir la ville, le temps et le monde.

Quelle est la particularité d’imageSingulières ?

Gilles Favier : Nous sommes nés d’un constat de carence. Visa pour l’image (à Perpignan) est scotché au photojournalisme qui sauve la planète, alors même que le numérique – avec des photos qui arrivent dans la demi-heure par Internet, réalisées par des photographes amateurs – aurait dû changer la conception du métier. Quant aux Rencontres d’Arles, le festival s’est rétracté dans

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Culture
Temps de lecture : 7 minutes