Le combat des Kanaks pour l’égalité

Les Calédoniens seront consultés en novembre sur l’indépendance. Mais le véritable enjeu demeure l’allégement du passif colonial.

Olivier Doubre  • 23 mai 2018 abonné·es
Le combat des Kanaks pour l’égalité
© photo : Julien Mattia/AFP

La France aurait-elle fini par apprendre des sanglants soubresauts de son histoire coloniale ? Permettra-t-elle enfin à l’un de ses territoires d’outre-mer d’accéder sinon à l’indépendance, du moins à une large autonomie – au sein de la République – en reconnaissant les spécificités, la culture et la langue des anciens indigènes, les Kanaks ?

On aurait tort de considérer la Nouvelle-Calédonie, française depuis 1853, comme un de confetti lointain d’un empire réduit à peau de chagrin. Elle constitue un atout géopolitique important pour Paris, de par une vaste surface océanique et une présence dans l’océan Pacifique, avec la Polynésie et Wallis-et-Futuna. Elle permet surtout à Emmanuel Macron de justifier l’inclusion de la France dans un « axe indo-pacifique », aux côtés de l’Inde, où il a été reçu en mars, et de l’Australie, qu’il a gratifiée de la première visite officielle d’un président français ; c’était, symbole important, juste avant son arrivée à Nouméa, le 3 mai.

On se souvient des violences, voire de la quasi-guerre civile, qui embrasèrent le « Caillou » à partir de 1984, pour atteindre leur paroxysme en mai 1988, avec l’assaut ordonné par le gouvernement Chirac sur la grotte d’Ouvéa, où des militants armés kanaks du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) retenaient des gendarmes. Bilan : 19 militants kanaks et deux gendarmes tués, le 5 mai 1988.

François Mitterrand réélu, Michel Rocard, Premier

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