Marée populaire : « Les syndicats font aussi de la politique »

Avec les 60 organisations appelant aux manifestations du 26 mai, SUD et la CGT étaient présentes dans la rue hier, malgré des réticences à défiler aux côtés de partis politiques… Reportage à Paris.

Olivier Doubre  • 27 mai 2018
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Marée populaire : « Les syndicats font aussi de la politique »
photo : cortège de la CGT à la Marée populaire parisienne samedi 26 mai.
© BERNARD MÉNIGAULT / CROWDSPARK

Michel traverse la place de la République, en tête du cortège, à côté de quelques activistes du black bloc masqués et tout en noir, des étudiants et des membres du collectif « Justice pour Adama ». Il arbore son badge CGT-Cheminots et brandit son écriteau : « Je ne suis rien, soyons tout ! »

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Il sait bien qu’à l’intérieur de la CGT, beaucoup de réticences à défiler avec les politiques ont existé, en dépit du vote de 80 « oui » (10 contre, 6 abstentions) à la commission confédérale nationale, le « parlement » du syndicat. Mais Michel, militant de base, syndiqué depuis de longues années, tenait à être présent :

Les divisions entre syndicalisme et politique sont certes importantes, mais au point où on en est, après toutes les batailles perdues, nous les syndiqués, nous nous devons d’être là. Parce que les syndicats font aussi de la politique à leur manière ! Surtout en ce moment, face aux attaques de Macron et du gouvernement. On est là pour faire plier Macron, et on va y arriver !

Cela a été difficile au départ dans l’organisation pour arriver à participer. On se souvient du refus de Philippe Martinez de participer, en tant que confédération, à la « Fête à Macron », imaginée au départ par François Ruffin, au nom du refus de confluer dans une manifestation politique (très France insoumise au final). Même si certaines fédérations CGT étaient là, non sans quelques réprimandes en interne.

Jean-Paul, élu CGT dans son administration publique et membre de la direction de sa fédération, reconnaît que les discussions ont d’abord été âpres, notamment entre la CGT et la France insoumise sur l’organisation du carré de tête (où défilent traditionnellement les leaders des organisations), Philippe Martinez ne voulant pas de photos à côté de Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon.

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Mais le militant CGT souligne que « c’est d’abord la base qui a poussé et voulait être là, car elle est aussi désemparée qu’elle a soif de victoires. Et pour rien au monde, je n’aurais pu ne pas être dans la rue aujourd’hui, aux côtés des étudiants, des cheminots, des personnels hospitaliers et des militants qui s’opposent à Macron. Finalement, on s’en fout aujourd’hui de la charte d’Amiens, l’heure est à l’offensive avec tous ceux qui veulent crier leur colère face aux politiques néolibérales de ce gouvernement des riches. » Et d’ajouter : « On ne veut pas rejouer comme par le passé les liens avec le PCF, mais l’envie de manifester est plus forte chez les militants que les réticences des permanents et dirigeants syndicaux… »

À SUD non plus, l’idée de manifester derrière la France insoumise ou d’autres partis ne plaisait pas du tout, mais les militants ont été convaincus par l’appel lancé au départ par la fondation Copernic et Attac. Surtout, estime ce militant anonyme de SUD-Rail, _« tant que les revendications sociales des travailleurs sont portées en tête dans le texte convoquant cette “Marée populaire”, on se devait d’être là ! »

À l’arrivée, les militants syndicaux passent devant la grande banderole des soutiens à la ZAD de NDDL accrochée sur les palissades autour de la colonne de la Bastille : « ZAD partout, que fleurissent les communes ! ». Et beaucoup applaudissent…

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