Corées : oui à la paix, non à la réunification

À l’approche de la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un, la perspective d’une réunification se réactive, entre volontarisme et désintérêt.

Au moment de la poignée de main historique entre le président sud-coréen Moon Jae-in et le leader nord-coréen Kim Jong-un, le 27 avril au matin, les journalistes sud-coréens rassemblés en masse dans la grande salle de conférences du Kintex, en banlieue de Séoul, n’ont pas pu retenir leurs cris et leurs applaudissements. S’il y avait déjà eu, en 2000 et en 2007, des rencontres au sommet entre Kim Jong-il, le père de l’actuel dirigeant nord-coréen, et les présidents sud-coréens de l’époque, Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, c’était la première fois que l’un des représentants de la dynastie Kim franchissait la ligne de démarcation. C’était aussi la première fois que le sommet intercoréen était retransmis en direct et pendant de longues heures, laissant aux téléspectateurs médusés une impression de spontanéité très inhabituelle en matière de relations intercoréennes. Entre les deux pays encore officiellement en guerre depuis l’armistice de 1953, les communications sont en effet rares et limitées : pour un Sud-Coréen, il est interdit de se rendre de l’autre côté de la frontière ou de passer un coup de téléphone vers Pyongyang.

Dans ce contexte, pas étonnant que les accolades entre Kim et Moon, tout comme l’image des deux délégations coréennes défilant sous un même drapeau représentant une péninsule unifiée aux Jeux olympiques de PyeongChang, en février, aient suscité beaucoup d’émotion à Séoul. Après de longs mois de tensions, de tirs de missiles et un dernier essai nucléaire nord-coréen en septembre 2017, ce nouveau climat de détente a relancé les discussions autour d’une éventuelle réunification coréenne. La « Déclaration pour la paix, la prospérité et la réunification » signée par les deux leaders le 27 avril, réaffirme d’ailleurs noir sur blanc l’objectif de réunifier deux peuples « unis par le sang ».

« Je pense que les deux Corées doivent se réunifier. On était un seul et même pays et nous avons été divisés à notre insu par les États-Unis et l’URSS, alors en pleine guerre froide », raconte Hyeon-chol, trentenaire et employé de bureau. « La Corée du Sud, qui souffre d’un faible taux de natalité, ne compte même pas 50 millions d’habitants. Avec le Nord, elle serait plus compétitive, renchérit son épouse, Miyeon, qui, comme lui, est une partisane du président progressiste Moon Jae-in. L’atmosphère a complètement changé depuis la dernière élection présidentielle. Sous les deux présidents précédents, le Nord était présenté comme l’ennemi. Aujourd’hui, on le voit plutôt comme un compagnon de route. »

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