Le mythe de l’entreprise

Plus d’un tiers de la richesse produite en France (son PIB) l’est par le secteur non-marchand.

Dans ma précédente chronique (Politis n° 1498), je rappelais que la théorie économique standard défend la concurrence car, grâce à celle-ci, les profits des entreprises tendraient vers zéro. Cette propriété permet souvent de justifier la supériorité du privé (des entreprises) sur le public, car il serait plus apte à produire. En réalité, l’opposition privé/public est assez inopérante, et il vaut mieux lui opposer la distinction marchand/non-marchand. Ce n’est pas la forme juridique qui importe, mais l’organisation et l’objectif de l’entreprise. Nous pouvons avoir des entreprises qui, au lieu de chercher le profit maximum, partagent leurs bénéfices avec leurs salariés. À l’inverse, nous pouvons avoir des coopératives qui se comportent comme les pires entreprises prédatrices. Le Crédit agricole, par exemple, est une banque coopérative…

Par ailleurs, l’opposition public/privé se réduit souvent à l’opposition État/entreprises. Pourtant, plus d’un tiers de la richesse produite en France (son PIB) l’est par le secteur non-marchand. Et celui-ci ne se limite pas à l’État. Il y a les institutions sans but lucratif au service des ménages, essentiellement l’économie sociale et solidaire. Sa richesse est évaluée à son coût de production. Ainsi, augmenter les salaires du secteur, c’est, contre-intuitivement, augmenter la richesse produite, le PIB ! En fait, c’est reconnaître directement que le travail produit la richesse, comme le disaient Marx… et Adam Smith. L’important reste le service et la production réalisée. D’ailleurs, la théorie économique standard reconnaît que le salaire doit être égal à la productivité marginale du travailleur. Ce n’est pas seulement un coût, mais ce qui permet à l’entreprise de créer de la richesse ou ce qui permet de réaliser le service non-marchand.

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