Dossier : Aux arbres, citoyens !

Sur le plancher des cimes

L’association Bellastock organise un festival d’architecture expérimentale. Le thème de cette année : une ville éphémère dans les arbres.

Pour rentrer chez soi, à la « Cime City », oublier le trousseau de clés mais se munir d’un casque et de mousquetons, et ne pas s’inquiéter si la terre ferme est à quelques mètres sous les pieds. Pour sa douzième édition, le festival d’architecture expérimentale organisé par l’association Bellastock invite 500 étudiants à devenir les habitants éphémères du parc des Tourelles, à Évry. En quatre jours, les futurs diplômés doivent construire leurs propres habitations perchées dans les arbres, mais aussi recevoir le public pendant la journée portes ouvertes, faire la fête, puis tout déconstruire pour laisser place nette.

« Déconstruire », et non pas « démolir », car Bellastock est reconnue pour son expertise en matière de réemploi de matériaux dans des projets qui valorisent le territoire et ses ressources locales. C’est le cas pour la reconversion de la caserne Mellinet, à Nantes, en logements sociaux, dont l’association a récupéré les soubassements datant du XIXe siècle. Chaque année, elle organise un festival d’architecture expérimentale à destination de futurs professionnels, dans un territoire donné et avec une matière à travailler. L’an dernier, c’était à l’Île-Saint-Denis, et la construction se faisait à partir de terre crue, en réponse aux 50 millions de tonnes excavées des chantiers du Grand Paris.

Cette année, c’est l’arbre qui se trouve au centre des attentions – en l’occurrence, dans ce parc public de 11 hectares, des platanes à l’écorce blanche, des pins parasols, des tilleuls et des hêtres pourpres centenaires. À l’origine du projet, la publication en novembre 2017 du rapport « Stratégie -régionale pour la forêt et le bois, 2018-2021 », dans lequel le conseil régional d’Île-de-France prévoit de développer la construction en bois. Bellastock souhaite sensibiliser les futurs architectes à l’intérêt écologique de cette ressource.

Quarante-huit heures avant l’accueil du public, le jeudi 12 juillet au matin, les organisateurs, accompagnés d’une centaine de bénévoles, ont distribué le matériel nécessaire aux participants, venus de toute la France. De la ficelle, de la corde d’escalade et des bambous en guise de charpentes, des voiles de parapente pour le toit, sans oublier des filets de 8 mètres sur 24 qui seront le sol mouvant des futurs habitats suspendus.

Devant son hamac rouge, comme une grande banane accrochée au maillage, Pierre se remémore les premières difficultés. « Quand il y a plus de douze mètres entre deux points, la corde a tendance à s’affaisser, alors que chaque filet doit accueillir quarante personnes. En outre, notre parcelle se compose d’arbres assez jeunes et donc plutôt faibles pour supporter le poids », dit-il en montrant les fameux troncs, d’une vingtaine de centimètres de diamètre. « Du coup, on a récupéré plusieurs cordes pour répartir la charge et garantir l’équilibre, après avoir haubané l’ensemble. Comme ça, la cassure mécanique est évitée ! », se félicite l’étudiant grenoblois, inspiré par une architecture légère à base de chaume, de bambous ou de saules.

À l’écoute de l’arbre

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