Trilogie américaine

Neuf heures de théâtre selon Julien Gosselin : un torrent très inégal.

Dans la jeune vague du théâtre français, Julien Gosselin est un casseur de baraque qui veut au moins changer deux coutumes du métier. Un : ne plus jouer de pièces, mais transposer de la littérature. Deux : dilater le temps, pour créer un rapport long avec le spectacle et le spectateur. Dans cette double perspective, il entend parler de notre planète, telle qu’elle vit et éclate depuis les années 1970.

Pour sa nouvelle fresque, Gosselin a trouvé dans le romancier Don DeLillo (traduit par Marianne Véron) la matière et la vision dont il se sent le plus proche. Au lieu d’adapter un livre, il en adapte trois, plus quelques autres textes qu’il fait jouer pendant les moments de pause, afin qu’il n’y ait précisément pas de temps mort.

La première partie, Joueurs, se concentre sur un homme qui s’échappe peu à peu de la grisaille de la vie affairiste pour flirter à ses risques et périls avec le terrorisme. La deuxième, Mao II, suit un écrivain âgé à New York qui se trouve happé par un réseau maoïste du Moyen-Orient alors qu’il tente d’aider à la libération d’un jeune écrivain. La troisième, Les Noms, semble d’abord le tableau d’une bourgeoisie bohème ronronnant entre ses discours généreux et les problèmes sentimentaux de chacun, jusqu’à ce que l’action se transpose à Amman, où une secte mystérieuse frappe à partir des noms propres et des langues utilisées.

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