« Une fête sans illusion sur les lendemains sociaux »

Pourquoi un tel engouement populaire autour des Bleus ? Que dit ce phénomène du vivre-ensemble ? L’analyse de Pascal Blanchard et de Christian Bromberger.

Olivier Doubre  et  Jean-Claude Renard  • 18 juillet 2018 abonné·es
« Une fête sans illusion sur les lendemains sociaux »
© photo : ROLLINGER-ANA / ONLY FRANCE

Pascal Blanchard est historien, spécialiste du fait colonial français et de l’histoire des immigrations. Christian Bromberger est ethnologue, directeur de l’Institut d’ethnologie méditerranéenne et comparative, notamment spécialiste de l’Iran. Tous deux sont aussi des amateurs éclairés de football. S’ils affichent d’abord un respect à l’égard des supporters et des foules en liesse, ils évitent de tomber dans le piège du fameux concept de la France « black blanc beur », éprouvé il y a vingt ans, et relèvent combien le football peut être une rare occasion d’unanimité, sans forcément l’épargner d’une dimension politique.

Pourquoi, selon vous, faut-il attendre une Coupe du monde de football pour vivre cette liesse, cette communion populaire ?

Pascal Blanchard : Il s’agit d’abord d’un phénomène, en dehors même du sport, dans lequel les nations, ou les peuples, sont tous en concurrence. Ce sont aussi des personnages qui s’affrontent, mondialement connus ou appelés à le devenir. Quelqu’un comme Antoine Griezmann est suivi par plus de 40 millions de personnes sur les réseaux sociaux, tous cumulés. Si l’on additionne tous les followers de l’ensemble des joueurs de l’équipe, cela correspond à au moins quinze fois la puissance de frappe de tout le gouvernement français réuni sur les réseaux sociaux. On a ainsi affaire à des gens qui sont massivement suivis, qui sont des modèles internationaux et considérés comme parmi les meilleurs du monde. Il y a aussi une forte dimension nationale, voire nationaliste, puisque c’est aujourd’hui l’un des derniers moments où l’on hisse des drapeaux, où l’on porte les couleurs et où l’on chante l’hymne national. Tout

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Société
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