Hulot, l’échec de la voie solitaire
Le ministre démissionnaire aura mis seize mois à comprendre que, dans ce gouvernement, il était seul à défendre l’urgence à « changer de paradigme ». Et que le rapport de force jouait contre lui.
dans l’hebdo N° 1516 Acheter ce numéro

On se souvient d’une ancienne séquence d’« Ushuaïa », l’émission dont Nicolas Hulot était le producteur et le personnage central. Sur une plage malgache viennent d’éclore des centaines d’œufs de tortues vertes, et les adorables petites bestioles se précipitent vers la mer sous les piqués frénétiques des prédateurs ailés qui s’invitent au festin. Le nettoyage est radical, et c’est un Nicolas Hulot remué qui décide (il le dit) d’interférer sur la loi de la nature « pour en sauver au moins une », qu’il porte au creux de ses mains jusqu’aux premiers clapots supposés salvateurs. Las. À peine réalisé, son projet est ruiné par un bec impitoyable qui vient happer le bébé tortue. Regard fataliste de l’écologiste.
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Il y a beaucoup du ministre Hulot démissionnaire dans cette scène où l’animateur à la fois sympathique et seul se rend à l’évidence. Qui aura cru jusqu’au bout que sa bonne volonté est une force de la nature à elle seule. Une sincérité qui frise la naïveté,