Des solutions pour le sport amateur

Comme toutes les autres, l'administration de la nouvelle ministre des Sports, Roxana Maracineanu, doit « faire des efforts ».

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La nouvelle ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a découvert au premier jour de son exercice que le gouvernement ne lui avait pas prévu de régime de faveur. Comme toutes les autres (sauf le budget de l’armée et la fiscalité des riches), son administration doit « faire des efforts ». Ce qui se traduit, entre autres, par la suppression de 1 600 cadres techniques, ces personnes qui encadrent les clubs et les jeunes. Si elle a su monter au créneau opportunément, profitant de la faiblesse du moment de l’exécutif, chacun comprend que son problème, qui est aussi le nôtre, reste entier. Au mieux, elle sauvera des postes, gérant la pénurie de moyens le moins mal possible. Mais la pente est prise du délaissement des sportifs amateurs et de leurs clubs, à qui il est demandé (à eux aussi) d’être « plus responsables », entendez d’aller chercher leurs moyens dans le secteur privé et dans la poche des praticiens. Avis aux amateurs : vous avez intérêt à trouver des entreprises généreuses susceptibles de vous parrainer. Ces dernières, en guise de bonne conscience, appelleront cela du mécénat.

Passons rapidement sur le fait que, dans un contraste provocateur, le soir même du petit esclandre de la ministre, 23 millionnaires fêtaient sous ses yeux, sur le pelouse du Stade de France face aux Pays-Bas, leur deuxième étoile de champions du monde. Malheureusement, le gouvernement n’a pas l’intention de taxer, même une très infime part, de leurs revenus (pas plus que les autres sportifs millionnaires), ce qui pourtant eût été un début de solution. Nous n’en attendons pas tant.

Il est néanmoins des pistes de politique publique que la ministre pourrait suggérer pour sauver encore une certaine idée démocratique et populaire du sport. Parmi elles, il y a l’exemple du financement du cinéma assuré par l’audiovisuel et en particulier par l’obligation faite à Canal + (à hauteur de 9,5 % pour les films francophones originaux et 12,5 % pour les productions européennes). Certes, le chiffre d’affaires du cinéma étant en baisse, sa contribution l’est tout autant et d’autres questions sont posées au financement de la culture. Mais la vertu du mécanisme n’est plus à démontrer. Les chaînes de télévision qui s’arrachent ainsi pour des centaines de millions d’euros les droits de retransmission des événements sportifs pourraient être ainsi contraintes de verser plus et plus directement aux sports amateurs, un peu comme les grosses superproductions financeraient le cinéma d’auteur. Est-ce trop demander ?


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