Réduction des risques : « Une question de volonté politique »

Chargée des questions de santé à la mairie de Paris, Anne Souyris plaide pour une meilleure adaptation à l’évolution des pratiques et des consommations, dans une logique sanitaire et sociale.

Adjointe d’Anne Hidalgo chargée de la santé et des relations avec l’AP-HP, Anne Souyris (EELV) explique son scepticisme quant à l’efficacité des évacuations par la police des « scènes ouvertes » de deal et de consommation de drogues illicites dans les rues de la capitale, même si elles peuvent parfois s’avérer nécessaires, du fait de dégradations sur la voirie et de nuisances pour les riverains. Mais l’élue souligne surtout l’urgence de développer des réponses sanitaires et sociales adaptées au public concerné et au plus près des pratiques de consommation de ces usagers de drogues ultra-précarisés.

Pourquoi avoir demandé, fin juin, l’évacuation de la scène de consommation surnommée la « colline du crack », à Paris, la dix-septième en à peine de deux ans ?

Anne Souyris : Au fil des mois précédant l’opération, ce lieu, qui se trouve à la porte d’Aubervilliers, en marge du périphérique, était devenu totalement insalubre et même terrifiant pour les riverains. Cette évacuation visait donc à produire un électrochoc et à susciter la prise en charge de ces usagers de drogues. Pour moi, la logique est d’abord sanitaire et sociale. On dit souvent que le premier problème est la consommation de stupéfiants, mais les consommateurs en question sont d’abord des personnes sans domicile fixe, parfois depuis des années, avec pour beaucoup des problèmes psychiatriques, et en forte rupture avec les services sanitaires et sociaux. Et puis il fallait voir cette « colline du crack » : une vraie cour des miracles, face à un nœud autoroutier, avec des déchets partout…

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L’évacuation, selon vous, était donc nécessaire…

Je ne suis pas, loin de là, en faveur des évacuations policières, car je crois avant tout à la nécessité d’une prise en charge. Mais il y avait ici jusqu’à 500 personnes par jour. La veille de l’intervention, environ 350 avaient disparu. Concernant les 150 présentes le matin de l’évacuation, il n’y a pas eu de violences ni d’arrestations. Le lieu a au moins pu être nettoyé. Mais, faute de moyens, une trentaine de personnes seulement ont bénéficié d’un début de suivi, notamment pour recouvrer des droits sociaux.

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