Mélenchon et nous (la suite)

Jean-Luc Mélenchon a annulé au dernier moment une rencontre avec les journalistes de Politis. En voici les raisons, et notre réponse.

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Dans la vie d’une rédaction, il arrive que des « sujets » prévus soient finalement reportés ou annulés. Évidemment, nous ne racontons pas ces aléas par le menu. Mais une fois n’est pas coutume. Quelques jours après les perquisitions qui ont touché La France insoumise, nous avons renouvelé une invitation à Jean-Luc Mélenchon de s’exprimer dans un entretien avec Politis. Nous lui proposions, sur six pages, de parler « des perquisitions et de (ses) réactions », mais aussi : « Les européennes, le Brésil et l’Amérique latine, les migrants, le Moyen-Orient, Trump, Macron, climat et écologie, perspectives de La France insoumise, stratégie démocratique et stratégie d’affrontements, etc. » « Échanges francs et directs », lui précisions-nous. Le député de Marseille a accepté, rendez-vous était pris pour le 25 octobre.

Patatras ! Au dernier moment, Jean-Luc Mélenchon annule la rencontre avec les journalistes de Politis. La raison ? L’éditorial de Denis Sieffert qui, dans une critique justifiée en défense de l’indépendance du journalisme, confirmait notre invitation au chef des insoumis à s’exprimer dans nos colonnes. Ainsi donc l’insoumis nous accuse d’être à l’unisson d’une presse qu’il juge hostile. Dès le lendemain des perquisitions, nous avions pourtant donné la parole au député insoumis Adrien Quatennens sur le dispositif policier « disproportionné ». Cela ne suffisait pas aux yeux du député de Marseille…

Au-delà de ces événements, et sans renoncer à l’interroger sur ses attaques contre des journalistes indépendants, nous voulions surtout, fidèles à nous-mêmes, l’amener sur le terrain des idées. Lui donner longuement la parole n’était pas le pire des services à lui rendre.

Las. En 2017, et bien que Jean-Luc Mélenchon n’ait jamais donné suite à nos demandes d’entretien, Politis lui a consacré six Unes aux titres aussi hostiles que « Tout est possible ! » ou « Une nouvelle gauche pour résister »… Cette année, nous avons publié un très long entretien avec François Ruffin, un autre avec Clémentine Autain, sans compter le débat contradictoire sur le « populisme de gauche » entre Chantal Mouffe et Pierre Khalfa. Contradictoire, car nous avançons l’esprit éclairé par le débat argumenté. Cela vaut et vaudra pour tout le monde à gauche.

Nous ne sommes pas le journal de La France insoumise, ni d’aucun autre parti. Nous ne sommes qu’un journal engagé.


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