Dorothea Lange : rude Amérique
Le Jeu de paume, à Paris, propose une rétrospective du travail de Dorothea Lange, qui s’appuie sur des images connues, d’autres moins, soulignant la démarche d’un pilier de la photo documentaire.
dans l’hebdo N° 1529 Acheter ce numéro

© Library of Congress
À l’orée des années 1930. Années de crise. Confortablement installée dans son studio, Dorothea Lange (1895-1965) observe la misère qui se déploie sous ses fenêtres. Le pavé de San Francisco est alors battu par les sans-abri, dans un pays comptant plus de quatorze millions de chômeurs. En bas de chez elle, on sert une soupe populaire. Une veuve de la classe ouvrière distribue un repas aux plus démunis ; un homme tourne le dos à la foule, les mains jointes autour de son gobelet, un chapeau sur la tête, barbe naissante. Tout juste un homme oublié dans la ville, un individu, parmi d’autres traîne-savates, The White Angel Breadline. Tout l’envers du rêve américain. Des hommes affalés sur le trottoir, repliés sur eux-mêmes, sur le seuil d’une église, des manifestants encadrés par des agents de police, des clochards endormis ou fumant une cigarette dans le désœuvrement, compagnons du roi Misère. Dorothea Lange rend compte des vulnérabilités, compatissante à l’évidence, témoin d’une société disloquée, anéantie par la Grande
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