Gilets jaunes et colère noire

Samedi 17 novembre, les opposants à la hausse prévue des carburants bloqueront les routes. La mobilisation s’étend, alimentée par un sentiment de trahison et d’injustice sociale.

Au départ, le sentiment d’une trahison : Françaises, Français, il vous coûtera moins cher de rouler avec des véhicules à moteur diesel. Plus chers à l’achat, ils consomment moins que les voitures à essence et se revendent à des prix plus élevés… Durant trente ans, les gouvernements ont incité les automobilistes à s’équiper de ces véhicules roulant au gazole. Au profit de l’industrie automobile française, certes, mais au détriment de l’environnement (émissions de gaz à effet de serre) et de la santé (les gaz d’échappement des moteurs diesel sont classés parmi les produits cancérogènes « certains » par le Centre international de recherche sur le cancer et l’agence pour le cancer de l’Organisation mondiale de la santé).

C’est sur la base de cette première trahison que la majorité d’Emmanuel Macron en échafaude une seconde : sous couvert de lutte pour le climat, l’article 19 du projet de loi de finances prévoit une hausse de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). Cela revient à dire que les propriétaires de véhicules diesel devront s’acquitter, dès le 1er janvier 2019, de 6,5 centimes d’euro supplémentaires par litre (2,9 centimes pour les véhicules à essence).

Si une hausse de la taxation du diesel peut se défendre pour des raisons de défense du climat et de santé publique, celle-ci donne surtout l’impression de servir de paravent à d’autres mesures fiscales. Selon François Carlier, délégué général de l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), reçu en septembre à Matignon, « on nous a clairement dit que la hausse de la fiscalité sur les carburants devait servir à compenser la fin de la taxe d’habitation ».

C’est une façon de voir – celle des conseillers d’Édouard Philippe –, mais on peut aussi évoquer d’autres manques à gagner pour les caisses de l’État, cadeaux fiscaux aux Français les plus riches et aux grandes entreprises : suppression de l’impôt sur la fortune, flat tax, transformation du CICE en baisses de charges… Cette générosité gouvernementale a un coût. Et il s’impose à toute la société : aux retraités, aux étudiants (auxquels on a supprimé 5 euros mensuels d’APL) et désormais aux automobilistes.

Il reste 61% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents