Israël-Palestine : le double langage français
Après un « âge d’or » des relations franco-israéliennes dans les années 1950 puis la prise de distance gaullienne, Sarkozy, Hollande et Macron sont revenus dans le giron israélien au nom de la lutte antiterroriste.

Dans ce hors-série paru en 2018, Politis et Orient XXI retraçaient l’histoire complexe des relations entre Israël et Palestine. Un numéro exceptionnel à retrouver sur notre boutique.
Quand on évoque les relations de la France avec le Proche-Orient, la passion est plus souvent au rendez-vous que la raison. Pourquoi cette incandescence ? Les causes sont multiples. Historiques, d’abord, et parfois fort lointaines. Démographiques et culturelles, ensuite, dans la France d’aujourd’hui où se croisent les populations juives et arabes les plus importantes d’Europe, et où les souffrances coloniales sont encore vives.
Pour mesurer l’implication de la France dans cette région du monde, on pourrait remonter aux croisades. Contentons-nous de prendre pour point de départ la Révolution. Cette grande Révolution, dont Henry Laurens dit qu’elle « commence par la Déclaration des droits de l’homme et se termine en expédition coloniale ». C’est là, en Égypte et en terre de Palestine, que la volonté d’universalisation des idées révolutionnaires trouve son premier théâtre d’action. C’est là aussi que la France connaît sa première déconvenue, lorsque Bonaparte doit renoncer à la conquête de Saint-Jean d’Acre. Un peu plus d’un siècle plus tard, la France
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