Six mois de Macron avec sursis
Après la terrible journée du 1er décembre, le gouvernement gèle jusqu’en mai plusieurs mesures contestées et promet un dialogue. Très loin de l’énorme malaise révélé par les gilets jaunes.
dans l’hebdo N° 1530 Acheter ce numéro

Apaiser la situation pour éviter qu’elle dégénère. Gagner du temps. Ne pas se dédire. Les réponses de l’exécutif aux revendications des gilets jaunes, dévoilées mardi par le Premier ministre, ont manifestement été calibrées pour répondre à ces trois préoccupations de… la majorité. Calmeront-elles la profonde colère sociale et l’exigence d’égalité qu’ont révélées trois semaines de blocages et de manifestations violentes ? Il serait présomptueux de le penser. Le moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants prévue au 1er janvier, revendication initiale des gilets jaunes, n’est au sens strict qu’un délai concédé avant que cette hausse ne s’applique. C’est un geste « insuffisant », avaient déjà réagi plusieurs figures du mouvement, réclamant une refonte de la fiscalité et une hausse des salaires et des pensions.
Le gouvernement y ajoute le gel des tarifs du gaz et de l’électricité, dont les tarifs devaient augmenter au 1er janvier et suspend aussi les modalités de durcissement du contrôle technique des véhicules qui devait intervenir à cette même date. Toutes ces suspensions sont accordées pour six mois afin, a précisé Édouard Philippe, de « permettre d’engager un vrai dialogue sur les préoccupations exprimées » ces dernières semaines par le mouvement des gilets jaunes. En repoussant ainsi de trois à six mois la « concertation » annoncée, le 27 novembre, par Emmanuel Macron dans son discours sur la transition écologique, l’exécutif espère faire retomber la