Le double discours des majors gazières et pétrolières

Si les multinationales comme Total ou Shell intègrent les préoccupations climatiques dans certains de leurs discours, elles poursuivent en parallèle leur quête de nouvelles réserves à exploiter.

Il y a trois mois, le Giec publiait un rapport sur les conséquences d’un réchauffement de 1,5 °C. Ses conclusions : contenir le dérèglement du climat pour éviter ses impacts sociaux désastreux nécessite des mesures radicales, dont une élimination progressive mais rapide des combustibles fossiles. Rien de bien nouveau : chaque année, des rapports scientifiques et des prises de position politiques rappellent l’urgence de tourner la page des énergies fossiles, alors que notre budget carbone fond. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, déclarait en novembre 2018 que le monde ne pouvait plus se permettre de construire une seule nouvelle infrastructure émettrice de CO2. Concernant l’extraction, l’objectif prioritaire d’hier – arrêter d’ouvrir de nouveaux champs – est rattrapé par un autre : s’atteler à la fermeture des champs actuellement en exploitation.

Le rapport dit deux autres choses. D’une part, dans le demi-degré qui sépare 1,5 °C de 2 °C se joue le sort de millions de personnes. D’autre part, s’il est encore temps de contenir le réchauffement en dessous d’un seuil moralement acceptable, les efforts à fournir pour cela sont sans précédent. Or rien n’indique que les principaux responsables des dérèglements climatiques, les grandes majors de l’industrie gazière et pétrolière, entendent rompre avec leur logique de croissance.

Si les discours de ces firmes sont de plus en plus parsemés de références au climat, leur sincérité vole en éclats à l’épreuve des faits. Ainsi, en 2016, Total, peu de temps après avoir rejoint la liste des signataires de l’appel de Paris, reconnaissait dans son rapport climat que la production internationale de pétrole devait baisser pour tenir les objectifs adoptés à la COP 21. Mais, en 2018, elle prévoyait toujours, d’après des données Rystad, d’augmenter de 26 % sa production totale d’ici à 2035 ! Et, tout comme Shell, BP ou ExxonMobil, elle envisage une augmentation de ses investigations en eaux très profondes.

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