Dossier : Social-démocratie : L’Union européenne l’a tuée

Ces démocrates qui croient en l’État-providence

Inspiré de la relance de l’économie après la crise de 1929 par Franklin Roosevelt, le Green New Deal est un programme révolutionnaire pour les États-Unis. Et plébiscité par une opinion sensible à l’urgence climatique.

Depuis l’élection de Donald Trump en 2016, les écologistes américains n’avaient pas beaucoup de raisons de se réjouir. Mais depuis que les démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des représentants à l’issue des élections de mi-mandat en novembre, ils ont au moins un motif de satisfaction : le « Green New Deal ».

Inspiré du New Deal – cette série de programmes et de grands travaux initiée par le président Franklin Roosevelt en 1933 pour relancer l’économie américaine après la crise de 1929 –, ce plan, cosigné par la nouvelle députée (et étoile montante du Parti démocrate) Alexandria Ocasio-Cortez, détonne par ses objectifs environnementaux ambitieux. Dévoilé début février en vue d’un vote au Congrès, le document de 14 pages appelle le gouvernement fédéral, pour répondre à l’urgence climatique, à mettre en œuvre « une mobilisation nationale, sociale, industrielle et économique sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale et l’ère du New Deal ».

Pour y arriver, il est notamment question d’investir dans la recherche, d’accompagner les secteurs industriel et agricole pour réduire les émissions carboniques, de moderniser les infrastructures et le réseau de transports du pays, et d’assurer la transition vers les énergies propres sur les dix années qui viennent, tout en aidant les travailleurs issus des secteurs énergétiques traditionnels à se reconvertir. Outre la « décarbonation » totale de l’économie américaine, ces mesures doivent permettre de créer des « millions de bons emplois à revenus élevés et générer des niveaux de prospérité et de sécurité économique sans précédent pour toute personne aux États-Unis ».

Le Green New Deal frappe aussi par ses objectifs de justice sociale. Pour ses auteurs, cette transition écologique, qui doit être « juste pour tous », doit se faire au bénéfice des « communautés les plus vulnérables », à savoir « les peuples indigènes, les communautés de couleur, les migrants, les victimes de la désindustrialisation, les communautés rurales dépeuplées, les travailleurs pauvres ou à bas revenus, les femmes, les personnes âgées, les sans-abri, les handicapés et les jeunes ». À l’heure où les inégalités entre riches et pauvres se creusent, le plan ambitionne par exemple de « garantir » des emplois pouvant faire vivre toute une famille, de réhabiliter les emplois syndiqués, d’instaurer des congés payés et d’offrir à tous les Américains l’accès à « une assurance-santé de qualité ». Autant de révolutions dans un pays tel que les États-Unis.

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