Climat : les jeunes se lèvent, de Rugy se couche

Alors que le mouvement des jeunes pour le climat émerge en France, le ministre rejette sur les citoyens la responsabilité de son inaction. L’Affaire du siècle passe dans les mains de la justice.

Aura-t-il fallu une pression étrangère ? Sous l’impulsion de jeunes Suédois, en tête desquels Greta Thunberg, 16 ans, et sa prestation choc à la COP 24, puis de jeunes Belges, qui ont commencé à se réunir pour défendre le climat le 20 novembre, puis des Suisses le 18 janvier, des Néerlandais le 7 février, mais aussi des Allemands, des Canadiens, des Australiens, des Américains… le mouvement des jeunes pour le climat émerge en France. Des discussions avaient lieu notamment entre syndicats lycéens et mouvement associatif depuis l’automne, plus largement autour des marches pour le climat. Mais l’acte de naissance serait peut-être bien ce 8 février, quand, dans un amphi plein à craquer à la fac de Jussieu, plus de 300 jeunes étudiants ont lancé le mouvement des « grèves scolaires ». Lycéens et étudiants sont appelés à sécher les cours pour exiger du gouvernement des mesures immédiates afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre et, partant, de cesser d’hypothéquer leur avenir avec celui de la planète.

Youth for Climate France prépare une mobilisation « massive, apolitique et non-violente » pour rejoindre la grève scolaire internationale du 15 mars. D’ici là, rendez-vous a été donné tous les vendredis pour vérifier si le gouvernement a bien « fait ses devoirs ». Certains collectifs comme Désobéissance écolo Paris ou Extinction Rebellion France se disent partisans d’actions plus radicales que des seules marches. En parallèle, un appel à soutien circule pour aider à l’ouverture le 1er mars d’un lieu « d’accélération de la mobilisation pour la justice climatique et sociale ». Nommé « La Base » (« Base d’action sociale et écologique »), il est soutenu par huit organisations (1).

« Le climat, c’est bien notre affaire à tous », a tenté le ministre de la Transition écologique et solidaire le 15 février dans une lettre aux plus de deux millions de signataires de l’appel L’Affaire du siècle : « Le gouvernement actuel est sans nul doute celui qui a poussé l’ambition le plus haut en fixant dès le début du quinquennat l’objectif d’atteindre zéro émission de CO2, soit la “neutralité carbone”, d’ici 2050. Depuis, nous nous donnons les moyens de l’atteindre. » Et François de Rugy de rejeter la faute sur… les Français, en arguant que ces moyens « sont loin de susciter une adhésion évidente et systématique de la part des citoyens », tentative de réveiller la querelle éteinte entre gilets jaunes et écolos sur la fiscalité écologique.

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