La grande distribution ne fait plus recette

Hypermarchés déficitaires, transformation des modes de consommation, révolution numérique : la grande distribution se trouve à un tournant historique et c’est la société de consommation qui se voit remise en question. Au point que cette puissante industrie fait désormais face à une menace nouvelle : les alternatives citoyennes.

Erwan Manac'h  • 6 février 2019 abonné·es
La grande distribution ne fait plus recette
© crédit photo : Yann Castanier/AFP

C’est la fin d’une époque, un basculement historique. Casino a été le premier à esquisser le mouvement, en vendant des mètres carrés de surface pour décroître en douceur, à contre-pied d’une course au gigantisme qui redessine le paysage français depuis quarante ans. Les mastodontes ont suivi, bon gré mal gré, depuis deux ou trois ans. Carrefour a tranché dans le vif sans ménagement en 2018 en supprimant 7 500 emplois (1). « L’ogre Leclerc vacille », frémissaient Les Échos en octobre, alors que le fragile leader du marché se fait grignoter ses plates-bandes par sa concurrence.

« Nous sommes dans une période de révolution radicale, résume Philippe Moati, économiste et cofondateur de l’Observatoire société et consommation (Obsoco). La mort vient lentement, on ne la voit pas arriver, mais il commence à faire très chaud chez les dirigeants de la grande distribution. Ils sont en panique. » Un constat est en effet partagé : les hypermarchés n’ont plus la cote. La tendance est au drive, au manger local et aux réseaux de producteurs. Et les profits de la grande distribution diminuent, ce qui fait craindre aux enseignes une remise en cause profonde de leur modèle. Carrefour a vu ses bénéfices fondre de 25 % en 2017, ce qui a conduit son nouveau patron, Alexandre Bompard, à briser le tabou : oui, les

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Société
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