Algérie : La fin de la peur

Si elle a finalement lieu le 18 avril prochain, à quoi pourra bien servir l’élection présidentielle algérienne ? Les principaux opposants ont jeté l’éponge, et le sortant lui-même est massivement vomi par les manifestations.

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Depuis quinze ans, Nadia Madassi était le visage du JT du soir de la chaîne publique Canal Algérie. Elle a démissionné lundi 4 mars. La veille, elle a très mal vécu d’avoir été obligée de lire à l’antenne la lettre du président sortant Bouteflika. « C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Depuis le début des manifestations, on ne nous laisse pas travailler », a expliqué un de ses collègues à l’AFP. Si elle a finalement lieu le 18 avril prochain, à quoi pourra bien servir l’élection présidentielle algérienne ? Les principaux opposants ont jeté l’éponge, et le sortant lui-même, dont la prétention à un 5e mandat est massivement vomie par les manifestations, annonce dans sa lettre qu’il organisera une élection anticipée prochainement, sans lui-même.

La peur a changé de camp. Née pendant la décennie noire, la jeunesse – la majorité – dit non. Et le pouvoir recule. La détermination et le pacifisme des foules sont une force impressionnante, d’autant qu’elles ne rassemblent pas que les déshérités du pays, mais tous les milieux sociaux exclus du champ politique et du partage de la rente pétrolière : les avocats, les étudiants, les journalistes… Pris de court, le pouvoir n’a pour l’instant pas cédé à la violence. Le chaos, la guerre, la terreur ne sont pas bons pour les affaires, il le sait. Son peuple montre un exemple de mobilisation responsable et grandissante, qui appelle de nouvelles concessions.


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