Au cinéma et au théâtre, les juifs et homos cibles d’une même haine

Chantal Meyer-Plantureux étudie l’expression antisémite et homophobe dans le cinéma et le théâtre en France.

L’historienne Chantal Meyer-Plantureux, à qui l’on doit divers essais importants sur la critique, le théâtre et Romain Rolland, a relié, grâce à sa rencontre avec le dramaturge Jean-Marie Besset, deux attitudes monstrueuses et pourtant bien vivantes, la haine des juifs et la détestation des homosexuels. Elle avait, semble-t-il, travaillé sur le premier thème et, touchée par certains aspects communs, a élargi la conception du livre qu’elle avait en cours pour publier à présent Antisémitisme et homophobie. Clichés en scène et à l’écran.

Cette association n’est pas nouvelle, comme l’auteure le montre elle-même. Chacun sait que les nazis ont persécuté les juifs et les homos. Chacun sait qu’on peut entendre « sale juif » ou « sale pédé » sortir d’une même bouche qui se gargarise de ces deux formes de rejet. Il y a, au fond de ces déclarations similaires contre les uns et les autres, la joie odieuse de mépriser autrui.

Le non-juif et le non-homo haineux se sentent supérieurs. L’autre est donc un inférieur. Un mesquin, un couard. Cette forme d’injure, exprimée en termes précieux ou dans la grossièreté, on la trouve par centaines dans le livre de Chantal Meyer-Plantureux, qui part de la fin du XIXe siècle et va jusqu’à aujourd’hui. En fait, les temps présents sont effleurés. Juste le temps de dire que les pièces de Sherman et Kushner, dans le monde anglo-saxon, de Copi, Grumberg et Besset, en France, en finissent avec les simplifications outrancières. L’étude montre avant tout le parcours d’une société française artistique et journalistique férocement antisémite et homophobe jusqu’à l’après-guerre. L’heureuse conclusion de l’affaire Dreyfus n’a pas beaucoup changé les mentalités. La rancœur antijuive est vite revenue pour atteindre les sommets que l’on connaît pendant la collaboration avec les nazis.

La presse constitue la principale documentation de l’historien de ces années-là. Chantal Meyer-­Plantureux replace sous nos yeux ce qu’on écrivait impunément alors sans que soient jugés malodorants les points de vue les plus répugnants.

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