Cinéma du réel : la fuite et la suite

Paris ouvre la quarante et unième édition de son festival Cinéma du réel. Avec une forte présence de films traitant de la situation des migrants.

De la distribution de nourriture à la quête administrative, il n’y a pas loin, seulement un mouvement de caméra. L’association France terre d’asile croule sous les demandes, se protège des longues files d’attente en conservant ses portes closes, tandis que la police organise des rafles. À quelques centaines de mètres de son siège, un campement de réfugiés s’étire sur l’avenue de Flandre, dans le XIXe arrondissement de Paris. En attendant de déposer leur demande d’asile et de faire valoir leurs droits, ces nouveaux arrivants s’organisent comme ils peuvent. Une poignée de militants et de citoyens apportent aide et soutien, assistant au ballet incessant des énormes pelleteuses croisant les cars de police. On détruit les campements de fortune sans proposer d’alternative, on embarque matelas, couvertures et tentes. Une vie sans répit qui exige d’être prêt à tout recommencer.

Parmi les réfugiés, Souleymane, 18 ans, venu du Darfour. Épaisse et noire tignasse, grosse bague au doigt, bouteille de flotte en main et sac au dos. Derrière lui, une belle vie entre son père, agriculteur, et sa mère. Puis la guerre a éclaté. Son père et son grand frère ont été abattus par les milices militaires. Fin des rêves. À 13 ans, il a pris la route. Voilà cinq ans maintenant. Il n’est pas le seul adolescent esseulé, livré à lui-même dans les rues de Paris, dans le quartier de Stalingrad. À dormir par terre, à se confronter au rejet au faciès…

C’est dans cette foule bigarrée et démunie qu’Hind Meddeb (laquelle parle arabe, converse et conseille les migrants) et Thim Naccache ont longuement plongé leur caméra, accompagnant principalement Souleymane.

Paris ­Stalingrad se veut au cœur du chaos. Sans misérabilisme, suivant les charges policières dès 5 heures du matin, avant les centres de rétention, les interventions et les arrestations musclées, les solidarités, les manifestations de migrants pour plus de droits humains, les moments de répit aussi, à la lessive, à faire sa toilette au bord du bassin de La Villette, à évoquer le passé, à entonner une chanson.

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