Extrême droite : un intolérable happening raciste

Vendredi 29 mars, des militants du mouvement d’ultradroite Génération identitaire ont occupé de 7 h à 12 h le toit de la Caisse d’allocations familiales de Bobigny.

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La provocation est leur mode d’action. Vendredi 29 mars, des militants du mouvement d’ultradroite Génération identitaire ont occupé de 7 h à 12 h le toit de la Caisse d’allocations familiales de Bobigny. De là ils ont déployé une gigantesque banderole sur laquelle était inscrit « De l’argent pour les Français. Pas pour les étrangers ! », et scandé des slogans anti-immigration, avant d’être délogés par la police qui a arrêté 17 hommes et 2 femmes. Placées en garde à vue pour « participation à un attroupement malgré sommation de se disperser », ces personnes seront jugées le 14 novembre pour entrave à la liberté du travail et encourent 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

Le racisme n’a pas été retenu par le parquet. Il est pourtant à l’origine des actions de ce groupuscule, dont plusieurs élus (PS, LFI, PCF) et associations demandent la dissolution. À Lyon, principale base du mouvement, c’est « pour des questions de sécurité incendie » que la municipalité a imposé, le 22 mars, par arrêté, la fermeture d’un bar et d’une salle de boxe, où ses militants avaient leurs quartiers.

En avril 2018, le parquet de Gap n’avait retenu « aucune infraction pénale susceptible d’être reprochée à l’encontre de quiconque » quand les militants du mouvement Defend Europe, liés à Génération identitaire, avaient mené une expédition anti-migrants très médiatisée au col de l’Échelle. Y participaient notamment des membres autrichiens de Génération identitaire dont leur leader, Martin Sellner. Celui-ci vient de reconnaître que le terroriste australien Brenton Tarrant, auteur de la tuerie islamophobe de Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui a fait 50 morts, avait versé 1 500 euros à son mouvement début 2018. De quoi contribuer au financement de l’expédition alpine… Et justifier qu’en France, où le tueur a séjourné en 2017, les services de renseignement cherchent à savoir s’il a eu des contacts dans cette mouvance.


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