Grand débat : Un tour de passe-passe électoraliste

Emmanuel Macron mise sur des cadeaux ciblés vers son électorat et des mesures symboliques pour endiguer la colère.

Encore raté ! Les analystes qui attendaient le « tournant social du quinquennat » doivent s’en tenir au minimum avec le contingent de mesures qu’Emmanuel Macron devait officialiser ce jeudi 25 avril. À en croire les nombreuses fuites depuis le 15 avril, le Président s’arrange même pour sortir du grand débat avec – roulements de tambour – son propre programme de gouvernement. Dans les grandes lignes, il continue donc de favoriser les actifs sans mettre les entreprises à contribution et à faire du gringue aux plus fortunés en espérant qu’ils fassent ruisseler leurs millions sur l’économie française.

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Un impôt sur le revenu plus doux pour les classes moyennes

Le gouvernement devrait créer une ou deux tranches d’impôt sur le revenu pour les salariés du bas de la pyramide (1). Emmanuel Macron entend donc combattre le « ras-le-bol fiscal », source selon lui du mouvement des gilets jaunes, en agissant sur un totem qui focalise les débats, même si ses recettes restent largement inférieures à la CSG, impôt proportionnel pour tous les revenus dès le premier euro gagné (2).

L’idée d’une plus grande progressivité de l’impôt est louée par les économistes qui travaillent sur les inégalités. Mais dans le sens d’une augmentation du nombre de tranches en haut de l’échelle, sur les contribuables les plus aisés, qui bénéficient, eux, d’un impôt dégressif (plus ils gagnent, moins ils paient en proportion de leurs revenus). Car la politique de baisse d’impôts poursuivie par Emmanuel Macron pose la question de son financement, au prix, chaque fois, de nouvelles mesures d’austérité qui accroissent les inégalités.

La création de deux tranches d’impôt telle que l’envisage le gouvernement ferait perdre entre 1,5 et 5 milliards d’euros à l’État selon les sources. Perte fiscale qui s’ajoute aux 3,2 milliards que coûte chaque année la suppression de l’impôt sur la fortune (3), avec un effet encore invisible sur la « fuite des capitaux », selon l’analyse de la Fondation Copernic. En revanche, en le supprimant, le gouvernement a permis cette année un regain de pouvoir d’achat de 6,4 % pour les 1 % les plus riches et de 17,5 % pour les 0,1 % les plus fortunés.

Un répit pour les retraités modestes

Emmanuel Macron s’attache à corriger ce qu’il a lui-même engendré : la diminution des pensions de retraite, qui, depuis janvier, ne sont plus indexées sur l’inflation, ce qui, cumulé à la hausse de la CSG, devrait faire perdre 6 % de pouvoir d’achat aux retraités, selon les Économistes atterrés (4). Les pensions inférieures à 2 000 euros devraient être réarrimées sur les prix de la consommation, alors que ces mêmes retraités modestes ont bénéficié, en décembre, du rétropédalage présidentiel sur la hausse de la CSG. Un remboursement est même prévu avant les européennes. À croire qu’il y a urgence, pour Emmanuel Macron, à reconquérir une population qui vote en masse et a largement contribué à son élection en 2017.

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