Macron, chef du chœur liberticide
« Voyous », « factieux », « foule haineuse »… Par ses mots, le Président rabaisse ceux qui le contestent et exonère à l’avance les violences policières contre eux.
dans l’hebdo N° 1547 Acheter ce numéro

Le gouvernement affirme défendre le droit de manifester, mais les macroniens n’aiment pas les manifestants. Singulièrement les gilets jaunes. Dans ses vœux aux Français, le 31 décembre, Emmanuel Macron ne voyait déjà plus dans les protestations du samedi que des « foules haineuses ». Un mois plus tard, le président de la République livrait à cinq journalistes politiques, conviés par lui à l’Élysée, sa vision de ce mouvement inédit : « Quelques dizaines de milliers de militants actifs » d’extrême gauche et d’extrême droite, expliquait-il, pilotent et récupèrent les manifestations des gilets jaunes les samedis, afin de « provoquer une crise de régime ». Le chef de l’État estimait être confronté à « 40 000 à 50 000 militants ultras qui veulent la destruction des institutions ». Pas moins.
Comme on accuse de la rage le chien qu’on veut abattre, Emmanuel Macron peint un mouvement social en ennemi de l’intérieur et justifie