Dossier : Catastrophes naturelles : Des traumatismes sans fin

Saint-Martin : « Certains disent qu’Irma n’est jamais fini »

Un an et demi après le passage de l’ouragan Irma, l’île de Saint-Martin n’est pas encore reconstruite et les traumatismes psychologiques émergent. Une famille témoigne.

Q ue s’est-il passé ? » Seule cette phrase anodine a pu franchir les lèvres de Cassandre lorsqu’elle et sa famille ont vu le toit et l’étage de leur maison emportés par les vents, leur terrasse recouverte de débris de charpente, de meubles, de vêtements…

Le frigo de la cuisine est arrivé au bord de la piscine. Les volets roulants du salon gisaient dans le jardin du voisin. Comme après chaque tempête, tout le monde est sorti « pour voir ». Dimitri et Calypso, les plus jeunes, étaient encore en pyjama. Leur quartier de Concordia, près de Marigot, la préfecture de Saint-Martin, était défiguré. Comme toute l’île. « Chaque mètre parcouru nous plongeait dans un film de science-fiction », glisse Cassandre, 18 ans à l’époque. Dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017, l’ouragan Irma a balayé les Antilles et emporté onze vies sur cette petite île franco-hollandaise, « où tout le monde se connaît ». Ce monstre de catégorie 5 a soufflé jusqu’à 360 km/h et détruit 95 % du bâti.

Ayant vécu à La Réunion, en Polynésie française et en Guadeloupe, la famille Duranville-Martin n’est pas novice en matière d’ouragan, mais ils n’avaient jamais éprouvé de stress post-traumatique. La puissance d’Irma a tout -bouleversé. Apolline, l’aînée, et Magali Duranville, la mère, étaient en métropole à cette période-là. La première parce qu’elle y étudie pour devenir professeure d’histoire-géo, la seconde à cause d’un deuil. Elle devait prendre l’avion le 6 septembre justement, mais ne rejoindra sa famille que neuf jours plus tard. Premier stress considérable pour une mère. « Nous savions qu’ils garderaient leur calme, donc nous n’étions pas inquiètes. Jusqu’à ce qu’on reste sans nouvelles pendant plusieurs jours… J’appelais sur tous les numéros, j’ai lancé un appel sur Facebook, se souvient Apolline. Je pensais qu’ils étaient bloqués sous les décombres de la maison… »

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