Drôle d’endroit pour un accueil

Depuis la loi asile et immigration, l’hébergement des migrants par les régions tourne au casse-tête. Pour pallier les défaillances de Lyon et Saint-Étienne, La Talaudière a ouvert… sa piscine.

Oriane Mollaret  • 8 mai 2019 abonné·es
Drôle d’endroit pour un accueil
© photo : Le vestiaire a été transformé en dortoir improvisé.crédit : Seghir Zouaoui

Une piscine. C’est ce à quoi ont eu droit, en guise d’hébergement, une soixantaine de migrants arrivés à Saint-Étienne, dans la Loire. Après diverses expulsions, c’est finalement la maire de La Talaudière, une petite ville voisine, qui a proposé cette solution de secours. Grand bâtiment blanc posé sur une pelouse émeraude, la piscine en question a comme un air de vacances. Mais sitôt le seuil franchi, l’impression disparaît. À l’entrée, les tourniquets et les comptoirs des billetteries servent de tables de réfectoire. Au loin, le bassin extérieur est vide. Dans l’immense vestiaire désaffecté, on distingue difficilement le carrelage d’origine, recouvert par des dizaines de matelas collés les uns contre les autres. Des familles ont tendu çà et là des écharpes et des serviettes pour se créer un peu d’intimité. Les adultes vont et viennent, s’occupent de la cuisine ou du ménage, tandis que les plus jeunes rebondissent de matelas en matelas dans des cris assourdissants. Yllka (1), une enfant Albanaise de 11 ans, est soulagée : pour ses premières règles, elle dispose d’une salle de bains digne de ce nom, de serviettes hygiéniques et même de Doliprane. Quant à son frère, difficile de le faire

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

« Empêcher le permis de tuer pour la police d’entrer dans notre système judiciaire »
Entretien 18 septembre 2026

« Empêcher le permis de tuer pour la police d’entrer dans notre système judiciaire »

Avec la mobilisation “Non au permis de tuer” ce 20 septembre dans une centaine de villes en France, familles de victimes, associations, syndicats et partis de gauche se retrouvent autour d’un même appel. Samia El Khalfaoui, tante d’une victime et cofondatrice de Stop aux violences d’État, raconte comment ce front s’est construit et pourquoi ses organisateurs veulent l’inscrire dans la durée.
Par Maxime Sirvins
Loi intégrale : « Sur certaines questions, nous ne pouvons pas faire de compromis »
Entretien 15 septembre 2026 abonné·es

Loi intégrale : « Sur certaines questions, nous ne pouvons pas faire de compromis »

Lancées avant l’été, les mobilisations autour de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles ont repris partout en France. Emmanuelle, du collectif #NousToutes, et Suzy Rojtman, du Comité national pour les droits des femmes, participent à deux initiatives distinctes, qui mettent en exergue les dissensus au sein du mouvement féministe.
Par Salomé Dionisi
Interdiction du voile : les femmes musulmanes, oubliées du débat
Analyse 10 septembre 2026

Interdiction du voile : les femmes musulmanes, oubliées du débat

À l’aune de l’élection présidentielle, le Rassemblement national n’a, une nouvelle fois, pas manqué de reprendre en main le débat public en relançant son obsession : le voile.
Par Kamélia Ouaïssa
« Le Rassemblement national souhaite déligitimer la Constitution »
Entretien 9 septembre 2026 abonné·es

« Le Rassemblement national souhaite déligitimer la Constitution »

Le RN a réinjecté dans le débat public sa proposition visant à « sanctionner » le port du voile. S’est ensuivi un débat sur l’inconstitutionnalité de cette mesure, quitte à en éluder le caractère raciste. Mais peut-on compter sur nos institutions pour garantir droits et libertés ? L’analyse de Stéphanie Hennette Vauchez, professeure de droit public.
Par Pauline Migevant