Europacity : fausses promesses, vrais dangers

Le gouvernement veut engager prochainement les travaux du gigantesque complexe commercial, sur le triangle de Gonesse. Le projet vante des milliers d’emplois créés. Pas si sûr.

Loin d’avoir le vent en poupe, le projet de mégacentre commercial et de loisirs EuropaCity (1) ne cesse de défrayer la chronique. Souvent pointé du doigt pour les dégâts environnementaux qu’il provoquerait en anéantissant plus de 200 hectares de terres agricoles aux portes de Paris, le projet induirait aussi d’autres dommages collatéraux qui passent, eux, un peu plus à la trappe : il risquerait de tuer les autres emplois commerciaux déjà présents autour de lui.

EuropaCity a pour idée d’installer en 2027 plus de 500 commerces, équipements culturels et de loisirs, hôtels et restaurants, le tout sur 400 000 m2, situés dans le « triangle de Gonesse », entre les aéroports du Bourget et de Roissy-Charles-de-Gaulle et le long de l’autoroute A1, sur le territoire du Val-d’Oise. Ses principaux promoteurs sont Ceetrus (ancien Immochan), filiale du groupe Auchan, ainsi que le groupe chinois Wanda.

La création d’emplois est un des axes majeurs de la communication autour du mégaprojet. Selon la première page du site d’EuropaCity, « 3 500 postes par an [seront] à pourvoir pendant la construction (dans 40 métiers) et 10 115 postes nécessaires au fonctionnement de la destination (dans 80 métiers). » Les opposants au projet font un autre calcul, et redoutent au contraire une perte nette d’emplois dans la zone. « Les commerçants vont fermer et, surtout, les grands centres commerciaux, qui, pour certains, sont déjà un peu en difficulté comme Aéroville, à Roissy, ou O’Parinor, à Aulnay-Sous-Bois, soutient Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France_. Ils vont nécessairement voir leur chiffre d’affaires impacté. Par conséquent, il y aura des suppressions d’emplois, bien que ce soit toujours difficile à chiffrer. » Dans un rayon d’une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau, le triangle de Gonesse compte déjà plusieurs centres commerciaux. O’Parinor, se trouve « à un kilomètre de là »,_ précise son directeur, Florent Druelle. Et Aéroville, un peu plus loin, à environ 5 kilomètres.

« Beaucoup de gens se sont écharpés sur le nombre d’emplois créés », confie Jacqueline Lorthiois, du Collectif pour le triangle de Gonesse. Jusqu’en 2016, EuropaCity annonçait la création de plus de 11 000 emplois. Depuis, les promoteurs s’alignent sur le chiffre issu d’une étude mandatée auprès de l’Insee, par la Commission nationale du débat public, de 10 000 emplois. « Mais il s’agit de 10 000 emplois bruts. Cela ne tient pas compte des emplois supprimés. » Une autre étude, mandatée notamment par les foncières (Auchan et Wanda) et menée par le cabinet de conseil McKinsey, parle de la suppression de 8 000 emplois. Selon Jacqueline Lorthiois, qui est également urbaniste socio-économiste, « on arrive à la création de 6 000 voire 7 000 emplois bruts. Si on prend en compte la perte de 8 000 emplois selon McKinsey, on a un solde négatif ».

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