New Look : une souffrance endémique

La course à la productivité puis l’imminence d’une fermeture des magasins New Look ont installé un malaise profond au sein du groupe.

Cocktail d’amertume, de stress et d’anxiété : le quotidien des salariés de New Look devient « catastrophique ». Depuis le mois de septembre et l’annonce subite de la fermeture des magasins, les maux d’un management brutal et obnubilé par les courbes du rendement à court terme coagulent pour donner une situation intenable. « Les collègues veulent en finir. Vite. Ils n’en peuvent plus de souffrir », prévient Christopher Lila, délégué du personnel et salarié du magasin des Halles, à Paris.

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Depuis une dizaine d’années, toute l’industrie de l’habillement est prise dans des difficultés structurelles et s’enfonce dans une course effrénée à la productivité dans les rayons. La consommation baisse et les enseignes doivent faire face à une concurrence accrue du e-commerce et de nouveaux venus sur le marché du prêt-à-porter d’entrée de gamme. New Look boit la tasse et son nouvel actionnaire, qui a pris le contrôle du groupe en 2015, décide d’adopter progressivement un modèle managérial similaire à celui du low cost ou du hard discount dans la distribution. Des salariés de plus en plus polyvalents, à qui des responsabilités et des objectifs de rentabilité toujours plus élevés sont assignés sans augmentation de salaire. Des promotions constantes en rayons, imposées par la direction anglaise de New Look, qui désorganisent les équipes. Une pression permanente des actionnaires pour réduire les coûts et accroître les marges, qui place les équipes en sous-effectif, sans égard pour les signaux d’alerte qui se multiplient sur le terrain.

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