Cannabis thérapeutique : oui… mais plus tard
Ce produit est le seul moyen pour de nombreux malades de soulager leurs douleurs. Bien que des dizaines d’États l’autorisent, le gouvernement Macron tergiverse. Cruelle exception française.
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Drogues : pourquoi ça coince en France ? En décembre dernier, Politis s’interrogeait ainsi, alors que le gouvernement venait d’ajouter des amendes délictuelles pour les usagers de drogues à son arsenal répressif déjà plus que fourni – et vain, la France étant l’un des premiers consommateurs du monde occidental. S’enferrer dans une répression toujours plus implacable isole un peu plus notre pays dans une politique coûteuse et inefficace de « guerre à la drogue », décrétée en 1971 par le président des États-Unis Richard Nixon. Longtemps leader du tout-répressif, ce pays a beaucoup évolué : plus de la moitié de ses États fédérés ont désormais autorisé l’usage thérapeutique du cannabis et, pour un bon nombre, son usage récréatif, ce qui leur permet aussi d’encaisser des millions de dollars de recettes fiscales et retire aux mafias un marché juteux.
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L’entêtement répressif hexagonal est aujourd’hui doublement dénoncé par des chercheurs français. D’un côté, le très sérieux Conseil d’analyse économique (CAE), organisme d’experts rattaché à Matignon, vient de publier un rapport qui prône une légalisation dans un monopole d’État et pointe surtout l’inefficacité de la politique répressive française, l’une des plus sévères d’Europe : elle coûte plus d’un demi-milliard d’euros par an, pour un résultat dérisoire. Les presque 200 000 interpellations pour usage et petit trafic de stupéfiants (dont 93 % pour le cannabis) n’enrayent en rien le trafic des tonnes de shit et d’herbe. Plus de 700 000 personnes consomment quotidiennement, plus du double régulièrement. Aux Pays-Bas, où le cannabis est en vente