Les Verts dans les affres de la victoire

Après une campagne sur une ligne autonomiste, EELV se divise sur la suite. Notamment vis-à-vis du reste de la gauche.

L e plus grand péril se trouve au moment de la victoire », affirmait Bonaparte. Dans le cas d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), il se situe même après. C’est au lendemain des élections européennes, qui ont placé le parti en troisième position (13,4 % des suffrages exprimés) derrière le Rassemblement national et La République en marche (LREM), que le plus dur commence. Que faire de ce mandat pour « sauver l’avenir » – selon les mots de la tête de liste Yannick Jadot – donné par trois millions d’électeurs ? Faut-il persévérer sur la ligne autonomiste suivie durant la campagne ou venir au chevet de la gauche, sonnée après les élections ? Mercredi 5 juin, au sortir d’un bureau exécutif, la question n’était pas tranchée. Une certitude, cependant : aucune alliance ou même discussion avec LREM ne sera envisagée. Cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant. « Tout le monde n’était pas forcément de cet avis », rappelle l’un des participants.

À lire aussi >> Les Grünen, entre coalitions et contradictions

Derrière les libéraux et l’extrême droite, EELV a aujourd’hui la lourde tâche d’incarner une alternative. Et pour cela, il faudra faire preuve d’ouverture et agréger autour du parti les mouvements citoyens et les autres formations qui se réclament de l’écologie politique. À commencer par les plus proches. « Il faut bâtir un mouvement écologiste qui rassemble largement […]. Génération Écologie ou le Parti animaliste, par exemple, y auraient toute leur place », expliquait au JDD le secrétaire national du parti, David Cormand. Cette volonté d’unir les forces écologistes voit ses limites quand il s’agit d’inclure aussi celles qui revendiquent leur appartenance à la gauche. « Les jeunes ne nous ont pas donné mandat pour nous asseoir autour d’une table avec Olivier Faure, Benoît Hamon et Fabien Roussel, mais pour agir concrètement sur le climat », affirmait Yannick Jadot le 5 juin dans une interview au journal Le Monde. Mais cette ligne qui veut dépasser le clivage gauche-droite et proposer un nouveau modèle politique n’est pas partagée par tous au sein du parti. Pour beaucoup, le mot « gauche », même galvaudé par des années de social-démocratie, a encore un sens et, même s’il ne s’agit pas de l’inscrire au frontispice d’EELV, le renier reviendrait à se renier. Pour faire la jonction entre ces différentes forces, Marine Tondelier, élue écologiste d’Hénin-Beaumont, a cette formule : « L’écologie est de gauche, mais ce qui est de gauche n’est pas forcément écologiste. »

Il reste 62% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Le goût subtil de la gentrification

Société
par ,

 lire   partager

Articles récents