« Bacurau », de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles : les bons, les brutes et les truands

Bacurau, des Brésiliens Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles, est un ovni qui glisse dans un western moderne une violente parabole sur le colonialisme, le suprémacisme et la démence.

La soucoupe volante traverse l’écran. Elle survole le petit papi qui descend la route poussiéreuse sur sa mobylette et lève les yeux vers elle sans s’arrêter. Comme si c’était un jouet. Ou un mauvais tour. Les réalisateurs versent-ils dans la science-fiction ? Miment-ils une hallucination ? L’effet de discordance est immédiat entre cet objet et les collines torrides du Nordeste du Brésil, l’allure années 1980 de l’ovni et celle années 1950 du paysan, et les deux cinémas de genre auxquels ils renvoient : série B rétrofuturiste d’un côté, fiction réaliste de l’autre.

L’incursion dans le bizarre, Kleber Mendonça Filho (Aquarius) et Juliano Dornelles se la sont déjà autorisée quand Teresa (la belle Barbara Colen) s’est fait déposer par un autre papi du village une graine psychotrope sur la langue pour encaisser la mort de sa grand-mère, qu’elle est revenue enterrer. Dès lors, ils ont ouvert toutes les hypothèses : les habitants de ce village pauvre et isolé sont-ils en proie à un fantasme collectif ou victimes d’une attaque d’origine inconnue ?

Les signes se succèdent. Les routes principales sont coupées. Le barrage est fermé. L’eau est livrée par camion. Un des jeunes hommes, Pacote (Thomas Aquino), traîne une sombre affaire de fusillade. Surtout : il y a des ruptures de réseau et le village a mystérieusement disparu des cartes satellites. Le dénuement de ces gens se lit sur leurs tenues et l’intérieur de maisons aux murs délabrés, aux éviers miteux, et envahies par les mouches.

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