Retraite, le nouveau combat des profs ?

Dans le cortège syndical de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, de nombreux enseignants étaient présents. Une première journée d'action pour se retrouver avant d'envisager la suite de la mobilisation contre Blanquer ?

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Ce mardi après-midi place de la République à Paris, difficile de trouver des lycéens ou des étudiants même si l'UNL et l'UNEF avaient rejoint les syndicats de salariés dans leur appel à la mobilisation. Mais impossible de rater les professeurs venus plutôt en nombre en cette première journée interprofessionnelle de manifestation contre la réforme des retraites.

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« Une accumulation dure à encaisser »

Derrière les drapeaux du Snes, des ballons de la FSU et de Solidaires, les profs interrompent volontiers leurs discussions passionnées pour expliquer les raisons de leur présence : « Après s’être pris toutes les réformes de l’Éducation de Blanquer, celle de la fonction publique, maintenant on se prend en pleine tête celle des retraites. On est dans la même logique globale de casse du service-public. Cette accumulation est dure à encaisser et nous met en colère », explique Florent, jeune professeur en Seine-Saint-Denis.

Une des ses collègues, qui a préféré garder l'anonymat, abonde dans son sens : « La dégradation de l’Éducation nationale profite au secteur privé, celle du système des retraites va aboutir à un système privé par capitalisation. Et tout cela se fait petit à petit bien sûr, de façon vicieuse ! », dénonce la jeune femme.

Nicolas Lebel, professeur d’anglais en lycée insiste sur le point d'indice : « Nous savons que dans la retraite à points, le point va varier et que chacun pourra y perdre. » Même s'il pense que cette journée sera « un coup d'épée dans l’eau », il voulait être là aussi pour dénoncer « ce système d'éducation qui devient low cost avec notamment de plus en plus d'enseignants contractuels ».

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Du prosaïque au combat philosophique

Un peu plus loin, Julie, professeur en collège depuis septembre, avoue plus prosaïquement que c'est la simulation de sa future retraite « pas du tout glorieuse » qui l'a poussée à manifester. Cathy est elle professeur en lycée professionnel depuis plusieurs années. C'est contre la réforme du lycée que, principalement, elle se mobilise. En juin dernier, elle était déjà vent debout contre « l'inadaptée » réforme « à la philosophie purement libérale » qui va faire, à son désespoir « du bac pro un sous-bac ». Elle n'a pas changé d'avis, mais n'est pas des plus optimistes sur l'avenir de la lutte, après une mobilisation en juin « en demi teinte », elle se demande comment la mobilisation contre les réformes Blanquer va bien pouvoir rebondir. Aujourd'hui, elle voit le verre plutôt à moitié vide : « On n'est pas si nombreux que cela alors que la situation est grave et que contrairement à ce qu'il se passait ce week-end, il n'y a pas vraiment de risque de violences. »

Du côté des plus jeunes, on est un poil plus enthousiaste, Florent de Seine-Saint-Denis espère « que le fait de se mêler à d'autres professions, va permettre de nous redynamiser ». De toute façon, « nous mobiliser seuls n'avait plus du tout d'impact » nuance toutefois réaliste sa jeune collègue.

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