Europacity : légumes contre bitume

Alors que le début des travaux est imminent, les opposants au projet Europcacity de Gonesse ont marché vers Matignon.

Une vingtaine de kilomètres, deux jours de marche. De quoi resserrer les rangs de la mobilisation avant que tout ne s’accélère pour les opposants à Europacity. Les 4 et 5 octobre, des centaines de militants ont participé à la marche citoyenne depuis le triangle de Gonesse (Val-d’Oise) jusqu’à Matignon pour demander l’abandon du projet Europacity : un mégacomplexe de commerces et de loisirs de 80 hectares, porté par le groupe Auchan associé au conglomérat chinois Wanda, qui prévoit de s’installer sur les terres agricoles de Gonesse, entre les aéroports du Bourget et de Roissy.

Mais ce projet démesuré n’est pas le seul à inquiéter les défenseurs de l’environnement et les riverains. Il s’inscrit dans une zone d’aménagement concerté (ZAC) de 300 hectares, où 130 hectares de bureaux devraient être aménagés. Et pour desservir les quelque 31 millions de visiteurs annuels attendus par les promoteurs, un arrêt de la future ligne 17 du Grand Paris Express doit également être construite. La gare, dont la seule vocation est de relier Paris à ce projet à 3,1 milliards d’euros, serait située à 1,7 km des premières habitations.

Au départ de la marche, sur les dernières terres cultivables d’Île-de-France, on s’inquiète justement du lancement (annoncé pour début novembre) des travaux de la gare. Dans le cortège, Bernard Loup, le président du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG), rappelle les enjeux de la mobilisation : « Nous demandons l’abandon d’Europacity, mais aussi la remise à plat de tout le dossier et une véritable concertation. Cela nécessite d’arrêter les travaux de la gare, puisqu’il est impossible de prendre une décision qui irait vers l’abandon du projet tout en continuant la construction de la ligne 17, laquelle détruirait les terres et la qualité des sols sur 30 hectares. » Car, pour les opposants, l’imminence des travaux, alors même que des recours judiciaires sont en cours pour démontrer l’inutilité du projet, est un piège. Un passage en force de la Société du Grand Paris qui permettrait de justifier par la suite l’urbanisation de la zone et la légitimité du mégacomplexe.

Malgré l’urgence, les militants espèrent encore une prise de position du gouvernement pour mettre un coup d’arrêt définitif au projet. Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, a été chargée de rendre un avis sur le devenir du projet avant le 10 octobre. Ces dernières semaines, elle a reçu les pro et les anti. Bernard Loup ne s’attarde pas en pronostics et préfère attendre de voir « si Macron sera fidèle à ses déclarations en faveur de l’écologie ». Car les promoteurs n’ont pas prévu de se laisser faire. Ce vendredi, alors que le cortège s’élançait en direction de Matignon, la société Alliages & Territoires annonçait des modifications au projet « en faveur de la transition écologique » : « zéro carbone dès 2027 [avec] vingt ans d’avance sur les accords de Paris », « approvisionnement énergétique fait à 100 % par des énergies renouvelables » et mise en œuvre d’une « compensation » du périmètre d’Europacity « en créant 80 hectares d’espaces naturels et agricoles ».

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