Hôpital : Un sentiment d’abandon partagé

Si la faillite constatée dans les hôpitaux est générale, dans les zones défavorisées, comme à Saint-Denis, la souffrance du personnel est à son comble. Faisant écho à celle des patients.

Chloé Dubois (collectif Focus)  • 30 octobre 2019 abonné·es
Hôpital : Un sentiment d’abandon partagé
© Des soigants rejoignent les sapeurs-pompiers à la manifestation du 15 octobre, à Paris.Marie Magnin/Hans Lucas/AFP

Ni le « pacte de refondation » présenté le 9 septembre par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ni ses quelque 750 millions d’euros sur trois ans n’auront réussi à faire taire la contestation. Une contestation inédite, forgée par la colère et la fatigue des paramédicaux. Tout commence le 18 mars. Un soignant des urgences de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, est agressé par un patient. Le onzième en à peine quelques mois. À cela s’ajoute l’implacable constat d’une faillite généralisée dans les hôpitaux publics : dégradation des conditions de travail, manque d’effectifs, saturation des services d’urgences et détérioration de la prise en charge des patients. Avec quatre autres hôpitaux parisiens, une grève illimitée est proclamée. La création du Collectif inter-urgences (CIU) permet aux paramédicaux de s’organiser et d’établir trois revendications : 10 000 emplois supplémentaires, 300 euros net mensuels de revalorisations salariales et l’ouverture de lits supplémentaires (1).

Le CIU comptabilise désormais 269 services d’urgences en grève. Et, en septembre, médecins, internes, cadres et usagers se joignent à l’appel des infirmiers et aides-soignants, réclamant « une prise de conscience collective » et lancent le Collectif inter-hôpitaux (CIH). Lors de l’assemblée générale du 10 octobre, organisée par le CIH à la Pitié-Salpêtrière, le président du Syndicat des internes des hôpitaux de Paris

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, la même police
Colonialisme • 16 octobre 2026

65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, la même police

Ces dernières semaines, les mobilisations lycéennes ont été marquées par de fortes répressions. 65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, les pratiques de la police continuent de porter les traces de son histoire coloniale.
Par Kamélia Ouaïssa
À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point
Reportage • 14 octobre 2026 abonné·es

À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point

Depuis les premiers jours de la mobilisation lycéenne, une date est très attendue : celle du retour annoncé des gilets jaunes le 17 octobre. Une journée d’action lancée début septembre sur les réseaux sociaux pour protester notamment contre l’augmentation du prix de l’essence et du coût de la vie.
Par Céline Martelet
Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »
Luttes • 14 octobre 2026

Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »

Les lycéen·nes trouvent aussi du soutien parmi les militant·es engagé·es de longue date dans diverses luttes, qui accompagnent ce combat de la jeunesse avec un espoir renouvelé.
Par Kamélia Ouaïssa
Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »
Analyse • 14 octobre 2026 abonné·es

Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »

Depuis bientôt un mois, les lycéen·nes qui luttent pour leur avenir mènent un mouvement social de grande ampleur pour exiger notamment de meilleures conditions d’apprentissage. Dans leur sillage, et face à la répression qu’ils et elles subissent, des parents se mobilisent à leurs côtés. Certains sont organisés en collectif.
Par Pauline Migevant et Kamélia Ouaïssa