Le cynique calcul de Macron

En focalisant le débat sur l’immigration, le président ressort les vieilles ficelles électoralistes et court après Marine Le Pen. Courte vue : il détournera peut-être les critiques de sa politique sociale, mais n’affaiblira pas le RN.

Pour contenir l’extrême droite, faut-il se porter sur son terrain ? Emmanuel Macron semble en être convaincu. Depuis quelques semaines, le président de la République s’alarme de la croissance des demandes d’asile, objet, selon lui, « d’un contournement si ce n’est d’un détournement ». S’émeut d’une dérive des dépenses de l’aide médicale d’État (AME). Voudrait revoir les prestations dont bénéficient les demandeurs d’asile. Des prises de position qui troublent jusque dans les rangs du gouvernement et choquent une partie de sa majorité.

À la mi-temps de son quinquennat, le chef de l’État entend bien enfourcher le cheval de bataille de l’immigration. « Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder le sujet en face », a-t-il lancé, le 16 septembre, devant les parlementaires de la majorité réunis par leur ministre Marc Fesneau. Avant de les inviter à ne pas être « le parti bourgeois » : « Les bourgeois ne croisent pas l’immigration. Ce sont les territoires les plus pauvres qui sont le réceptacle. Les classes populaires, elles, subissent le chômage, la pauvreté, mais elles subissent aussi ce sujet. » Une ritournelle maintes fois fredonnée par Jean-Marie Le Pen, et reprise par sa fille.

Le 11 avril 2012, Marine Le Pen déclarait ainsi sur le plateau de France 2 : « C’est bien de faire de la générosité quand on est confortablement assis dans son salon du XVIe arrondissement, mais l’immigration que nous avons accueillie depuis trente ans, ce ne sont pas les élites qui la subissent, qui partagent leur logement avec eux, et qui accessoirement de temps en temps partagent leurs emplois. Ce sont les classes populaires, ce sont les classes moyennes à qui on a dit “poussez-vous, faites un peu de place parce qu’il y a du monde à accueillir”. »

Il reste 70% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents