Union européenne : déjà deux commissaires récusés

Pour la première fois de son histoire, la commission des Affaires juridiques (JURI), chargée de valider les déclarations d’intérêt des candidats, a refusé de donner son aval à la sociale-démocrate roumaine Rovana Plumb et au Hongrois Laszlo Trocsanyi.

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Le Parlement européen donne du fil à retordre à Ursula von der Leyen. Confirmée de justesse le 16 juillet à la présidence de la Commission européenne – elle n’a obtenu que neuf voix de plus que la majorité requise –, l’ancienne ministre allemande de la Défense vient de voir deux de ses commissaires recalés avant leur oral de confirmation. Pour la première fois de son histoire, la commission des Affaires juridiques (JURI), chargée de valider les déclarations d’intérêt des candidats, a refusé de donner son aval à la sociale-démocrate roumaine Rovana Plumb et au Hongrois Laszlo Trocsanyi.

La première, pressentie pour s’occuper des Transports, s’est vu reprocher deux prêts litigieux ; elle avait, entre autres faits reprochés, immatriculé en Bulgarie son véhicule pour échapper à une taxe carbone de 3 000 euros qu’elle avait mise en place comme ministre de l’Environnement. Le second, ministre de la Justice d’Orban de 2014 à 2019, devait être chargé de l’Élargissement. Or le bureau d’avocats qu’il a cofondé a bénéficié de nombreuses commandes publiques pour se développer ces dernières années, et sa société a représenté les intérêts d’Uber en Hongrie alors qu’il était ministre.

Selon la députée Manon Aubry (LFI), très critique sur la procédure d’analyse des conflits d’intérêts par la commission JURI, dans laquelle elle siège, ces deux-là « sont loin d’être les pires » : ils doivent sans doute leur éviction au fait d’être « issus de “petits pays” » et « situés plutôt à la marge de leur groupe politique ».

Ursula von der Leyen, déjà très critiquée sur l’intitulé du portefeuille associant migrations et « mode de vie européen », pourrait être contrainte de remanier plus profondément son équipe à l’issue des auditions auxquelles procède le Parlement jusqu’au 8 octobre pour vérifier les aptitudes de chaque commissaire désigné à occuper son poste. Car, pour entrer en fonction le 1er novembre, la Commission européenne doit encore être confirmée par un vote des eurodéputés, le 23 octobre.


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