Plaquage ventral : Le geste qui tue

La mort du coursier Cédric Chouviat après un simple contrôle routier soulève de nouveau la question des méthodes d’immobilisation utilisées par la police.

Romain Haillard  • 15 janvier 2020 abonné·es
Plaquage ventral : Le geste qui tue
© Le plaquage ventral est en cause dans de nombreux cas de décès lors d’interpellations.Jean-Philippe Ksiazek/AFP

Cédric Chouviat a rendu son dernier souffle à 3 h 30, dans la nuit du 4 au 5 janvier. Moins de 48 heures avant, quatre policiers l’interpellaient non loin de la tour Eiffel. Le nom de ce coursier de 42 ans, père de cinq enfants, s’ajoute à une liste tristement longue (lire encadré page suivante). Derrière chaque nom, une interpellation qui a viré au drame. Certaines n’ont abouti à aucune condamnation, d’autres n’ont pas encore connu leur dernier mot – comme pour Adama Traoré –, mais chacune questionne les méthodes des forces de l’ordre. L’affaire Cédric Chouviat, d’abord simple contrôle routier, relance le débat autour des techniques d’immobilisation. Des associations et des élus voudraient les voir interdire pour que cesse de s’allonger la liste. Mais cette affaire illustre surtout un manque de clarté sur la formation des agents de terrain en France.

Téléphone au volant ou plaque d’immatriculation poussiéreuse ? Les raisons du contrôle de Cédric Chouviat ont fait l’objet de plusieurs versions de la part de la préfecture. Mais dans les premières heures qui ont suivi le drame, l’institution ne s’est pas limitée à cette seule approximation. Le coursier a d’abord été déclaré vaguement comme « irrespectueux et

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